Beurre : une pénurie qui coûte cher

Par Olivier Sancerre Modifié le 19 octobre 2017 à 21h23
Beurre Cours Explosion Tarifs 1
7000 EUROSLa tonne de beurre s'échange à 7 000 euros.

Après de nombreuses années où il ne faisait pas bon l'utiliser, le beurre est de retour dans le cœur — et l'estomac — des consommateurs. Mais ce regain d'attractivité ne va pas sans difficulté.

La principale difficulté des amoureux du beurre, depuis quelques semaines, est de trouver leur matière grasse préférée. Il est effectivement de plus en plus difficile d'en trouver, ou alors à des prix élevés, plus qu'à l'habitude. Certains supermarchés affichent même des pénuries de beurre. Une situation qui s'explique d'abord par l'appétit retrouvé pour la matière grasse animale dans les pays développés, mais aussi dans les pays en développement.

Succès des viennoiseries françaises en Chine

En Chine, on apprécie de plus en plus les viennoiseries françaises à base de beurre. Un marché immense qui s'ouvre de plus en plus, et auquel il est difficile de répondre au vue des difficultés d'approvisionnement actuelles. Le beurre a cessé d'apparaitre comme le « grand méchant » des frigos, ce qu'il était depuis plusieurs décennies avec l'opprobre de la plupart des nutritionnistes. Ce retour en grâce est compliqué par une offre toujours vacillante. En Europe, la levée des quotas laitiers en 2015 a provoqué une chute des prix qui a poussé les producteurs à réduire leur production.

Explosion des cours

Cette baisse des tonnages combinée à la hausse de la demande a provoqué une explosion des cours du beurre : on est passé de 2 500 euros la tonne au printemps dernier à 7 000 euros cet été ! De quoi redonner envie de produire du lait… Sauf que ce n'est pas si facile pour les producteurs, le prix du beurre ayant peu d'impact sur celui du lait. Quant aux industriels qui fabriquent des préparations à base de beurre, ces difficultés d'approvisionnement grèvent les capacités de production. Et cela va continuer jusqu'à ce que l'offre et la demande s'équilibrent de nouveau.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.