Nuages noirs et risques d’orages à la 3ème conférence sociale

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Par Jean-Baptiste Giraud Modifié le 7 juillet 2014 à 5h01

Nouveau rôle pour François Hollande : juge aux affaires familiales. Mission : tenter de réconcilier les héritiers du dialogue social à la française, moribond.

Rappel du contentieux : Le patronat a menacé a plusieurs reprises de boycotter la conférence sociale qui ouvre ses portes cet après-midi, clamant ne rien voir venir des promesses du pacte de responsabilité. Publie-t-il une tribune dans la presse pour se plaindre de l'absence de concertation autour de la mise en place du compte pénibilité ? Deux jours plus tard, le Premier ministre annonce son report partiel, et une réforme du Code du Travail.

En face, les syndicats ne sont pas en reste : entre les menaces de grèves et celles qui ont été mises à exécution, les bonnes vieilles méthodes ont toujours le vent en poupe malgré la crise. La plupart des français piégés ou non par la longue grève SNCF du mois de mai se demandent ce que les syndicats de cheminots ont obtenu, ou plutôt sur quoi le gouvernement a cédé. Et le conflit avec les intermittents n'en est encore qu'à ses débuts, alors même que le gouvernement a déjà lâché du lest sur une partie de la réforme de leur système d'indemnisation.

Résultat, tout le monde sera là cet après-midi, couteaux tirés, et l'on s'attend à quelques sérieux coups de gueule. Pire : après la menace de boycott de la conférence sociale par le Medef, c'est au tour des syndicats CGT et FO de laisser planer le doute sur leur présence, non aujourd'hui, à l'ouverture, mais demain mardi, journée stratégique puisque c'est au cours des tables rondes planifiées dans la journée que les principaux sujets - en gros, les ajustements souhaités par chacune des parties au pacte de responsabilité - seront négociées.

Autant dire que cette conférence sociale ne sera pas de tout repos pour le gouvernement comme le Président de la République, et si jamais elle venait à être boycottée par un ou plusieurs participants (le petit syndicat « Solidaires » non représentatif mais invité à deux tables rondes, a annoncé qu'il laisserait sa chaise vide), l'exécutif entrerait dans une nouvelle phase, délicate : la réforme sans le consensus. Pour la CGT et FO, le problème est d'être le premier à annoncer le boycott, pour ne pas donner l'impression d'être suiviste : situation potentiellement neutralisante. Mais quid de la CFDT, le seul syndicat à avoir soutenu le projet de pacte de responsabilité et le principe de la baisse des charges sur les entreprises, qui fait hurler CGT et FO ? Si la CFDT se braque, voire, jette l'éponge, Manuel Valls et François Hollande entreront dans une impasse dont personne ne peut dire aujourd'hui comment ils pourraient en sortir.

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Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016.Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time. En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007.Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an.En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier. Il a également été éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018. Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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