Après le doute, l’espoir des entreprises brésiliennes quant à l’héritage de la Coupe du Monde

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Par Frédéric Zeitoun Publié le 27 juin 2014 à 11h56

« Voilà maintenant une dizaine de jours que le coup d'envoi de la Coupe du Monde de la FIFA a eu lieu à São Paulo, et une nouvelle étude de l'International Business Report (IBR) de Grant Thornton, groupe leader d'audit et de conseil en France et dans le monde, montre que l'intérêt des entreprises brésiliennes pour l'accueil de la compétition repart à la hausse après s'être fortement émoussé ces deux dernières années.

En effet, les dirigeants d'entreprise ont été peu nombreux à anticiper une progression de leurs investissements et bénéfices lors de l'organisation de la manifestation dans leur pays, mais bon nombre d'entre eux pensent désormais que l'amélioration des infrastructures et la hausse de la fréquentation touristique pourraient s'avérer durables et profitables dans le futur.

Notre IBR révèle que la proportion d'entrepreneurs brésiliens estimant que l'accueil de la Coupe du Monde contribuerait à l'accélération de la croissance économique s'est effondrée entre le premier trimestre 2012 et à la même période cette année, passant de 80 % à 33 %. De même, seuls 11 % des entreprises nationales envisageaient d'effectuer de nouveaux investissements à l'occasion du tournoi, contre 23 % en 2012. Enfin, 19 % s'attendent aujourd'hui à un accroissement de leurs bénéfices, 52 % étant d'avis que le secteur du tourisme devrait enregistrer la hausse d'activité la plus marquée.

L'intérêt des entreprises pour la Coupe du Monde s'est peu à peu érodé face à la détérioration de la situation économique du Brésil durant ces 24 derniers mois. A l'origine, la communauté des affaires espérait que les investissements infrastructurels nécessaires pour que le pays se prépare à accueillir 600 000 touristes cet été (sans compter ceux étant censés s'y rendre pour les Jeux olympiques en 2016) dopent les perspectives de croissance de l'économie à long terme. Pour cette puissance Sud-Américaine, dont on n'arrêtait pas de vanter l'essor, l'événement aurait dû être l'occasion d'entrer dans le cercle fermé des « grandes vitrines » de la planète. Au lieu de cela, l'attention des médias internationaux s'est davantage portée sur les retards de construction des stades ainsi que sur les manifestations contre le gouvernement et la FIFA.

L'on a également pu constater que plus de deux dirigeants d'entreprise sur cinq considèrent que les investissements dans les infrastructures, en particulier dans le secteur des transports, constitueront l'héritage le plus durable des Jeux (42 %), tandis qu'un quart s'attend à une intensification de l'afflux de touristes (26 %). Cependant, près d'un tiers des dirigeants estime que la construction des stades dans leur propre ville en a perturbé la vie quotidienne et à peine 40 % que l'ouvrage sera efficacement utilisé une fois la compétition achevée.

Comme pour le Nid d'oiseau à Pékin et le Stade de Green Point au Cap, il est difficile de voir ce à quoi va servir le Stade Amazônia de Manaus à l'issue du tournoi. Cela dit, on peut trouver de bons exemples pour éviter au stade de tomber à l'abandon. Le stade construit dans l'Est de Londres pour les Jeux olympiques de 2012 pour n'en citer qu'un, a permis la modernisation de cette partie de la capitale britannique, auparavant délaissée, en y attirant des investissements commerciaux et résidentiels massifs.

Malheureusement, certaines des améliorations prévues à l'intérieur et aux alentours du stade s'achèveront trop tard pour être profitables à la Coupe du Monde brésilienne. Le gouvernement et le secteur privé n'en sont pas moins désormais conscients du déficit d'infrastructures et de ce qui doit être fait pour préparer dans un premier temps le pays aux Jeux Olympiques, et faire en sorte que la croissance durable devienne ensuite une réalité. »

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Frédéric Zeitoun est Expert-Comptable et Commissaire aux comptes. Depuis 2012 il est Directeur National du Conseil Financier pour Grant Thornton en France, groupe leader d'audit et de conseil. Entre 2004 et 2012 il a travaillé au Grant Thornton en tant qu'Associé. Il anime aujourd'hui une équipe de près de 50 professionnels spécialisés en transactions mais également en prévention et restructuration.

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