Le Brexit : un éternel serpent de mer

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Par Nicolas Grenier Modifié le 14 septembre 2019 à 0h43
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La Grande-Bretagne a toujours été partagée entre deux eaux, d’une part une volonté de vivre son indépendance, d’autre part de nouer des partenariats avec les pays européens.

La Grande-Bretagne : une île éternelle

D'un point de vue géographique, et depuis la nuit des temps, la Grande-Bretagne a toujours été une île, bordée de ses îlots, que sont l'île de Man, les îles de Jersey et de Guernesey, et naturellement l'île de Wight. Ce pays insulaire se place à la frontière du continent européen. Par conséquent, il a toujours été porté par l'appel du large, vers la mer du Nord, la Manche, et surtout l'Océan atlantique, ce qui en a fait une thalassocratie, et un maître des mers, ainsi qu’une puissance économique et financière mondiale.

La Grande-Bretagne a connu plusieurs âges. D'un côté, les îles britanniques ont été en partie occupées par les Romains. De l'autre, les Britanniques ont envahi le Vieux Continent au Moyen âge, surtout la France. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les pays européens ont tenté de construire la paix, par l'économie, la politique, la culture, afin de chasser le spectre de la guerre. Or, le peuple britannique a souhaité se mettre à l'écart de cette construction dite européenne. D'emblée, ils n'ont pas pris part au développement de l'idée européenne.

L'Europe, entre l'amour et la haine

L'adhésion de la Grande-Bretagne à la Communauté économique européenne (C.E.E.) est effective le 1er janvier 1973. Pour autant, le pays ne sera jamais un moteur pour l'Europe, et apparaîtra comme un frein, sous l'impulsion de Margaret Thatcher, lors de sa célèbre assertion au sommet de Dublin, à l'automne 1979 : « I want my money back ». Le Brexit est, pour les Britanniques, la volonté de retourner à une forme d'isolationnisme économique, politique et financier, dans un esprit de fierté nationale. La construction du tunnel sous la Manche ne changera rien à cet esprit anglais. Si la société Eurotunnel a annoncé des lendemains qui déchantent, l’Eurostar, lui, est une réussite économique, sociale et culturelle, entre Londres et Paris.

Le référendum du 23 juin 2016 marque une rupture dans l’histoire du pays par rapport à l'Union européenne. On l’a familièrement appelée le « Brexit », comme une sortie théâtrale, toute shakespearienne, avec pertes et fracas, de la Grande-Bretagne. On le voit, cette crise, comme tout phénomène complexe, prendra un certain temps à se résorber dans la réalité. Par avance, on le sait, comme le souligne Karl Marx, « lorsque l'Histoire se répète, la première fois, c'est une tragédie, la seconde une comédie ». Après cette haine de l'Europe, les Britanniques retrouveront, un jour, cet amour perdu, pour leurs vieux amis européens.

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Professeur de culture générale, Nicolas Grenier a enseigné à HEC, à Sciences Po Paris, et à l'Ecole Centrale de Paris, et publie en 2019 son dernier ouvrage "1001 QCM de Culture générale" aux éditions Ellipse.

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