Bruxelles s’attaque à Android, ultra dominant dans le mobile

Par Olivier Sancerre Modifié le 20 avril 2016 à 6h58
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81%Android domine le marché de la téléphonie en équipant 81% des smartphones dans le monde

Google a-t-il abusé de la position dominante que lui confère Android sur le marché des applications mobiles ? La Commission européenne en serait persuadée. Et prépare une « communication des griefs » envers l'entreprise américaine.

Il y a un, les services de la pugnace Margrethe Vestager, la commissaire européenne en charge de la concurrence en Europe, lançaient une enquête sur Google. L'objectif est de savoir si le moteur de recherche, qui jouit d'une position dominante dans le secteur de la téléphonie mobile avec Android, n'en profite pas pour plier le marché des applications mobiles selon ses bons désirs.

Système d'exploitation

Le système d'exploitation équipe en effet plus de 80% des smartphones du marché, en Europe comme dans le monde. S'il n'est pas interdit de jouir d'une telle part de marché, il faut en revanche faire très attention à ne pas en abuser pour son profit. Or, Google profiterait de ses accords avec les constructeurs de smartphones pour pousser ses propres applications et services au détriment de ceux de la concurrence.

De fait, si un constructeur veut intégrer Android dans ses produits, il est tenu d'y insérer aussi les services de Google (Gmail, Maps, Chrome…), à moins d'en passer par la version « libre » d'Android, moins complète et moins intéressante pour l'utilisateur. Margrethe Vestager veut faire en sorte que les fabricants de téléphones puissent décider quelles applications ils installent sur leurs smartphones ; en l'empêchant, Google coupe « l'un des principaux moyens dont disposent les nouvelles applications pour se faire connaître des consommateurs ».

Griefs

La Commission européenne devrait donc adresser une communication de griefs ce mercredi 20 avril. Il s'agit d'une « liste de reproches » fait à une entreprise, qui peut ensuite se défendre des arguments du régulateur et plaider sa cause. Et si jamais Google ne convainc pas la Commission, l'amende peut être salée : elle peut en effet aller jusqu'à 10% du chiffre d'affaires mondial annuel de la société, ce qui représente 7,5 milliards de dollars…

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.