Après des années de croissance quasi ininterrompue, Tesla traverse en 2025 une crise sans précédent. Le constructeur automobile américain enregistre une baisse historique de ses ventes et de ses revenus, révélant les fragilités d’un modèle longtemps présenté comme intouchable.
Tesla en crise : ventes et bénéfices en chute libre en 2025

Le 28 janvier 2026, Tesla a publié ses résultats financiers pour l’année 2025. Pour la première fois depuis sa création, le géant de l’automobile électrique affiche une baisse annuelle de son chiffre d’affaires, confirmant un net ralentissement de ses ventes mondiales. Cette chute intervient dans un contexte de concurrence accrue, de retrait progressif des aides publiques et de défiance croissante envers la direction du groupe et son fondateur, Elon Musk.
Tesla face à une baisse historique des ventes de voitures
En premier lieu, les chiffres publiés par Tesla marquent une rupture nette avec la trajectoire passée. Le constructeur a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 94,83 milliards de dollars, soit environ 87,4 milliards d’euros, en recul d’environ 3 % sur un an, selon Reuters. Il s’agit de la première baisse annuelle de revenus depuis l’entrée en Bourse du groupe.
Par ailleurs, cette contraction s’explique directement par la baisse des ventes automobiles, cœur historique de l’activité. Tesla a livré environ 1,636 million de véhicules dans le monde en 2025, contre près de 1,79 million un an plus tôt, soit une chute de 8,6 %, selon les données officielles du groupe publiées début janvier 2026. Cette baisse confirme une tendance déjà observée en 2024, rompant avec plus d’une décennie de croissance continue.
En outre, le quatrième trimestre 2025 s’est révélé particulièrement difficile. Les livraisons ont reculé d’environ 16 % sur un an, tandis que les revenus issus de l’automobile ont plongé de 11 %, selon The Guardian. Cette contre-performance souligne l’essoufflement de la demande, notamment sur les marchés nord-américain et européen.
Enfin, la pression concurrentielle s’est intensifiée. Les constructeurs chinois, en particulier BYD, gagnent rapidement des parts de marché, tandis que les groupes européens accélèrent leur transition électrique. Dans ce contexte, Tesla ne bénéficie plus de l’avantage technologique et tarifaire qui faisait sa force il y a encore quelques années.
Tesla et la chute des résultats financiers en 2025
Sans surprise, les résultats financiers de Tesla traduisent une dégradation encore plus marquée de la rentabilité. Le bénéfice net du groupe s’est établi autour de 3,8 milliards de dollars, soit environ 3,5 milliards d’euros, en forte baisse par rapport à 2024, selon AP News. Il s’agit du plus faible résultat annuel depuis la pandémie.
De plus, sur le seul quatrième trimestre, le bénéfice net a chuté de 61 %, selon Investing.com, illustrant la brutalité du ralentissement en fin d’exercice. Cette baisse s’explique notamment par une compression des marges, conséquence directe de baisses de prix répétées destinées à soutenir artificiellement la demande.
Les analystes soulignent une érosion de la rentabilité structurelle. Selon Investors.com, le bénéfice par action ajusté a reculé d’environ 17 % sur l’ensemble de l’année 2025, malgré des volumes encore élevés. Cette situation reflète l’incapacité croissante de Tesla à maintenir ses marges face à la concurrence et à la hausse des coûts industriels.
Dès lors, la promesse d’un modèle économique ultra-rentable s’effrite. Les résultats publiés confirment que la domination passée de Tesla sur le marché de l’automobile électrique ne suffit plus à garantir des performances financières solides.
Elon Musk, choix stratégiques et responsabilité dans la crise de Tesla
Dans ce contexte, la responsabilité d’Elon Musk apparaît centrale. Depuis plusieurs années, le dirigeant de Tesla multiplie les annonces et les prises de position controversées, souvent éloignées du cœur de métier automobile. En 2025, cette stratégie s’est accélérée avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump et un soutien affiché au politiques d’extrême-droite de la part du fondateur du constructeur automobile.
Tesla semble d’ailleurs se diriger vers un nouveau métier. L’entreprise a investi 2 milliards de dollars, soit environ 1,85 milliard d’euros, dans la société xAI, spécialisée dans l’intelligence artificielle, ce mois de janvier 2026, selon Reuters. Le groupe a justifié cet engagement en affirmant vouloir « renforcer sa capacité à développer et déployer des produits et services d’IA à grande échelle », selon une déclaration officielle. Par ailleurs, Elon Musk a annoncé l’arrêt progressif des modèles Model S et Model X, afin de libérer des capacités industrielles pour la production de robots humanoïdes et de futurs robotaxis. Cette décision, confirmée lors de la conférence de résultats du quatrième trimestre 2025. Elle symbolise un virage stratégique radical, au détriment de l’offre automobile traditionnelle.
Cependant, ce repositionnement suscite de vives critiques. Plusieurs analystes estiment que Tesla a négligé le renouvellement de sa gamme grand public, laissant ses modèles phares vieillir face à une concurrence plus agressive. Selon Andrew Rocco, analyste chez Zacks Investment Research, « avec le ralentissement de l’activité historique des véhicules électriques, les investisseurs de Tesla sont désormais invités à parier sur l’essor brûlant de l’IA ». Les prises de position publiques d’Elon Musk, souvent clivantes, parfois transphobes ou encore xénophobes, racistes et sexistes, ont également pesé sur l’image de la marque. AP News souligne que des appels au boycott et une perte de confiance de certains consommateurs ont accompagné la dégradation des ventes en 2025. Ce climat délétère renforce l’idée que la crise actuelle de Tesla n’est pas seulement conjoncturelle, mais aussi largement liée à sa gouvernance.
