Les cadres font grise mine

Par Olivier Sancerre Modifié le 4 novembre 2019 à 1h00
Cadres Insatisfaction 2
56%56% des cadres estiment que leur rémunération n'est pas en adéquation avec leur implication dans l'entreprise.

Les cadres ont le moral au plus bas, malgré un marché du travail particulièrement favorable et des hausses de rémunération plus importantes que pour les non-cadres.

Un sondage Viavoice commandé par l'Ugict-CGT (ingénieurs et cadres) auprès de 1 000 cadres du secteur privé et public montre que ces derniers ressentent un important malaise. 56% jugent en effet leur rémunération en inadéquation par rapport à leur implication dans l'entreprise ou l'administration. Le même pourcentage estime la même chose par rapport à la réalité du travail effectué, 48% par rapport à leurs qualifications, 45% par rapport à leurs responsabilités. Malgré un marché du travail qui fait augmenter les rémunérations, c'est donc insuffisant pour les cadres et en particulier chez les femmes : le degré d'insatisfaction y est de « 2 à 10 points supplémentaires » par rapport aux hommes.

Rémunération pas en adéquation

Les conditions de travail sont particulièrement pointées du doigt par les cadres. Plus de 7 cadres sur 10 estiment ainsi qu'ils ne sont pas associés aux choix de transformation et aux réformes de leur entreprise ou de leur administration. Pour plus d'un cadre sur deux, leur éthique est même en « contradiction » avec les pratiques de l'employeur… Le temps de travail effectif est également un caillou dans la chaussure : 65% pensent que leur charge de travail a augmenté par rapport à l'an dernier. Pour 50% des cadres, la semaine de travail dure plus de 45 heures. 60% d'entre eux veulent d'ailleurs disposer d'un droit effectif à la déconnexion, un taux qui a augmenté de 3 points par rapport à 2018.

Réformes mal perçues

Plus inquiétant encore pour le gouvernement, alors que les cadres ont majoritairement voté pour Emmanuel Macron : l'insatisfaction est palpable sur plusieurs doserais importants comme la réforme des retraites ou celle sur l'assurance chômage. 73% pensent qu'ils ne bénéficieront pas du maintien de leurs droits à retraite, 59% que la reconnaissance salaire et le déroulement de la carrière ne seront plus effectives. Les négociations se poursuivent cependant sur l'encadrement.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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