France : le CDI, contrat en voie de disparition ? (1/2)

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Par Charles Sannat Modifié le 12 juillet 2012 à 4h43

Hausse des faillites et des licenciements économiques.

L’observatoire de l’investissement en France, qui devrait presque s’appeler l’observatoire du « désinvestissement » , a recensé à ce jour très précisément 67 757 destructions d’emplois…

Derrière cette mauvais nouvelle, il y en a une « demi » bonne puisque dans le même temps, ils font état de la création de 77 491 postes… ce qui n’est tout de même pas rien dans la mesure où le solde net d’emplois pour cette source est même légèrement positif.

Des entreprises continuent donc malgré la crise de créer de l’activité et de l’emploi.

Rassurez-vous amis pessimistes, il n’y a pas de quoi crier victoire et ce n’est pas la fin de la crise puisque chaque année ce sont plusieurs centaines de milliers de jeunes qui arrivent sur le marché du travail.

L’intérêt de chiffre, c’est bien de pouvoir mesurer les destructions d’emplois en cours notamment via les licenciements dits économiques qui sont actuellement en train d’exploser littéralement de même que le nombre de faillites d’entreprises évoqué par le journal les échos.

Ainsi, au deuxième trimestre, on recensait 13 722 procédures de redressements judiciaires, de liquidations directes ou de sauvegardes prononcées par les tribunaux de commerce, pour un total de 72 500 salariés dont le travail est fortement menacé.

Les échos titraient donc logiquement que les « défaillances de PME ont bondi au printemps ».

Ce qui change cette fois, en plus de l’augmentation totale en elle-même, c’est une hausse vertigineuse de 36% de PME de plus de 200 salariés en difficulté par rapport à la même période de 2011.

La conférence sociale.

Au même moment se tient la conférence sociale, illustrant le changement radical de gouvernance politique en tout cas dans la méthode de la nouvelle équipe au pouvoir. Certains critiquent cette volonté de dialogue en mettant en avant que nous n’avons plus de temps pour des discussions sans fin.

Pourtant, j’aurais tendance à penser que les années « Sarkozy » avec une stratégie de passage en force quasi systématique n’a finalement conduit qu’à des crispations fortes, à une dégradation majeure des relations et au bout du compte à de très nombreuses reculades.

Il n’est pas dit que la gauche ne soit pas mieux placé que la droite pour réussir certaines réformes structurelles qui ne pourront de toute façon plus être différées plus longtemps, notamment sous « l’amicale » pression de notre partenaire allemand. Je rappelle au passage que nous devons encourager la fiction de l’amitié franco-allemande alors que l’expression de mésentente cordiale serait plus appropriée aux relations actuelles.

Le Président François Hollande a appelé prudemment les partenaires sociaux à aborder le sujet du contrat de travail avec en ligne de mire plus de flexibilité et sans doute la fin, d’une certaine manière, du fameux CDI à la française en déclarant : « L’assurance chômage ne pourra indéfiniment considérer de manière identique les entreprises recourant largement à des contrats précaires et les autres. Mais plus largement, une réflexion sur le contrat de travail doit être engagée ».

Cette phrase ne présume pas à elle seule des futures réformes qui verront le jour, néanmoins le sujet délicat politiquement du sacro saint CDI vient d’être mis sur la table.

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.