Les vins italiens taillent des croupières aux vins français à l’international

Photo Jean Baptiste Giraud
Par Jean-Baptiste Giraud Publié le 6 avril 2014 à 23h56

Le vin français, combien de divisions ? Pas moins de l'équivalent de 150 avions de chasse Rafale tous les ans vous répondent en choeur les professionnels de la profession. Avec 7,6 milliards d'euros d'exportations par an, le vin français est le deuxième contributeur à la balance commerciale de la France, juste derrière l'aéronautique, tiré par Airbus.

Mais les italiens sont bien décidés à venir chatouiller les producteurs français sur les marchés internationaux ou le "made in France" en matière de gastronomie sert de passe-partout. Lors de la grande foire au vin italien qui se tient comme chaque année à Verone, Vinitaly, les producteurs de vins de la péninsule ont annoncé avoir dépassé pour la première fois la barre des 5 milliards d'euros d'exportations. Un signe inquiétant quand on sait que les italiens sont déjà en tête des ventes de vins à l'international en volume, mais pas en valeur ! Les vins français se vendent plus cher, mais sont moins consommés à l'étranger, les deux étant intimement liés : encore un problème de "mix-produit" délicat à régler...

En tête de cette progression, la Grande Bretagne, ou le vin italien a fait un bond de 15 %. Les Etats-Unis, l'eldorado pour les vins français (30 % des ventes à l'international), ont aussi beaucoup appréciés les vins italiens en 2013 avec une hausse de 7,1 %. A noter que dans certains cas, le volume des ventes n'a pas progressé voire même chuté, comme par exemple en Allemagne (-4 %) mais le chiffre d'affaires a augmenté dans le même temps, car les prix montent (+6,4 % en valeur en Allemagne).

Autre exemple extrême : en Chine, les volumes livrés ont chuté de 33 % mais le chiffre d'affaires de seulement 3 % ! En cause les droits de douane imposés par Pekin sur les vins européens (français y compris donc) dans la guerre sur les... panneaux solaires fabriqués en Chine, et surtaxés à l'import par la Commission Européenne. Résultat, les vins d'importation européenne sont plus chers à l'achat en Chine à cause de l'explosion des taxes, ce qui ne rebute pas les consommateurs chinois fortunés, prêts à tout pour un vin français ou désormais... italien.


A noter que si le millésime 2013 sera une année compliquée pour les producteurs français, les deux principales régions viticoles que sont le bordelais et la Bourgogne ayant été frappées par des intempéries à répétition qui ont rudement malmené la production, l'Italie a en revanche vu sa production augmenter de 15 % la même année. La France devrait ainsi avoir produit 44 millions d'hectolitres, contre 45 millions pour l'Italie en 2013.

Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016. Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Il a également été éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018.   Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

Aucun commentaire à «Les vins italiens taillent des croupières aux vins français à l’international»

Laisser un commentaire

* Champs requis