Chômage : les droits rechargeables ne pénaliseront plus les chômeurs

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Par Laure De Charette Modifié le 27 mars 2015 à 10h07
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40%Près de 40% des demandeurs d'emploi qui ne perçoivent aucun indemnité ont moins de 30 ans.

Des centaines de milliers de demandeurs d'emploi se sont retrouvés piégés par une réforme censée les aider ! Les droits rechargeables, instaurés en octobre dernier, ont en fait des effets pervers, que le patronat et les syndicats veulent à tout prix gommer. Ils viennent de mettre en place, pour se faire, un droit d'option. De quoi s'agit-il ?

Un dispositif censé être incitatif

Les droits rechargeables, une disposition prévue dans l'accord sur la sécurisation de l'emploi, concernent les demandeurs d’emploi qui retrouvent un travail... avant de le reperdre une nouvelle fois. Son objectif : inciter les chômeurs à reprendre un emploi, même court ou moins bien payé, alors qu’aujourd’hui, ils ont parfois intérêt, sur le plan strictement financier, à ne pas se remettre au travail. Des centaines de milliers de personnes alternant entre reprise d’activité temporaire et virée à Pôle Emploi étaient censées pouvoir en profiter. Concrètement, ils voient leur durée d'indemnisation s'allonger.

Près de 400 000 demandeurs d'emploi piégés

Mais ce dispositif a ses travers. Prenons l'exemple d'un jeune ayant d’abord eu des petits boulots ou des jobs d’été, avant de trouver un poste correctement payé et en lien avec ses études et diplômes. Et bien, jusque-là, il se voyait appliquer ses vieux droits d’abord ! D'où un manque à gagner certain. Pas moins de 383 000 personnes se sont ainsi retrouvées pénalisées. Alors même que la réforme était censée les aider financièrement.

Donc les partenaires sociaux ont imaginé, ensemble, un droit d’option, qui permettra à chaque chômeur de demander, sous conditions et s’il le souhaite, à bénéficier de ses droits les plus récents. Près de 119 000 personnes devraient, d'après les estimations, demander à utiliser ce droit d'option.

Actuellement en France, 2,2 millions de demandeurs d'emploi sont indemnisés, sur les 3,3 millions de personnes sans emploi que compte le pays.

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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