Le chômage tue 14 000 personnes chaque année en France

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Publié le 10 mai 2016 à 8h24
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5,76 MILLIONSEn avril 2016 en France on comptait 5,76 millions de chômeurs toutes catégories confondues.

L'impact du chômage va bien au-delà de la simple perte de revenus (qui est déjà un problème en soi) et du coût pour la société lié aux aides, à l'Assurance Chômage et à Pôle Emploi. Le chômage est désormais un véritable problème de santé publique si on en croit la dernière étude du Conseil Economique, Social et Environnemental (Cese) publiée mardi 10 mai 2016. Un problème similaire à celui du tabagisme.

"Le chômage m'a tuer"

La dernière étude du Cese, dont le texte devrait être validé mardi 10 mai 2016 vers 16 heures mais dont le contenu a déjà fuité, montre le chômage sous un angle jusqu'alors peu connu et sous-estimé : il devient un problème de Santé Publique. Un nouveau casse-tête pour la société industrialisée occidentale qui doit faire face à une augmentation généralisée du chômage chez les citoyens.

L'étude se base sur les résultats de diverses recherches internationales liant le chômage à une augmentation de la mortalité. Une période de chômage augmente en effet les risques de "maladies chroniques, hypertension, rechute de cancer" qui tuent, en France, selon les auteurs, entre 10 000 et 14 000 chômeurs chaque année.

Une surmortalité proche de celle du tabagisme

Le chômage a un tel effet néfaste sur la santé que son impact est similaire à celui du tabagisme... l'un des plus gros problèmes de Santé Publique du 21ème siècle. Selon les auteurs et les études internationales le risque de surmortalité chez les chômeurs "est multiplié par trois"... comme pour les fumeurs.

Ainsi, une étude de l'Inserm, l'Assurance Maladie et l'Assurance Vieillesse dévoilait en 2015 que les chômeurs se sentent malades 2,32 fois plus souvent que les non chômeurs. Chez les femmes au chômage, la maladie était ressentie 1,71 fois de plus.

Outre la maladie, la situation du chômeur et sa détresse sociale sont, selon l'étude du Cese, néfastes pour la santé psychologique. "Pour une augmentation de 10% du taux de chômage, le taux de suicide tous sexes confondus augmente significativement de 1,5%" peut-on lire sur l'avis du Cese.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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