Depuis 2007 la France a perdu un dixième de ses médecins généralistes

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 2 juin 2016 à 7h34
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20%Dans 13 départements Français le nombre de médecins a chuté de plus de 20 % entre 2007 et 2015.

La situation commence à devenir véritablement critique et le Conseil national de l'ordre des médecins tire la sonnette d'alarme. Pire, c'est un véritable cri de détresse qu'il lance à l'attention des politiques : les médecins généralistes se font de plus en plus rares en France. Quasiment un dixième a déjà disparu en 8 ans, et la situation ne devrait qu'empirer.

Le nombre de médecins généralistes baisse "inexorablement"

Le Figaro, qui a pu consulter en avant-première l'édition 2016 de l'Atlas de la démocratie médicale présenté jeudi 2 juin 2016 par le Conseil national de l'ordre des médecins, se fait l'écho de l'alerte sonnée par ce dernier. Le nombre de médecins généralistes en France a chuté, entre 2007 et 2015, de 8,4 %... c'est quasiment un médecin généraliste sur dix qui n'a pas été remplacé.

Pour l'Ordre des médecins, la situation ne fera qu'empirer : il estime qu'en 2025 la France comptera un quart de médecins de moins qu'en 2007. Une chute d'effectifs que l'Ordre qualifie "d'inexorable" si le gouvernement ne fait rien.

Et si le gouvernement échoue à prévenir cette chute d'effectifs, la désertification médicale, qui est déjà très avancée en France, ne pourra que devenir de plus en plus problématique... d'autant plus que quasiment tous les départements de France sont concernés par une baisse du nombre de médecins généralistes.

Quels sont les départements les plus et les moins touchés par la chute du nombre des médecins ?

L'Atlas de la démocratie médicale étudie en détail la chute du nombre d'effectifs par département ce qui permet d'établir le classement des départements les plus et les moins touchés par le phénomène de désertification depuis 2007.

Avec une baisse de 28 % du nombre de médecins entre 2007 et 2015, c'est Paris (75) qui est la plus touchée. La faute aux loyers trop élevés et aux prix de l'immobilier. Toutefois, la Capitale s'en sort haut la main avec le nombre de médecins par 100 000 habitants le deuxième le plus élevé de France : 191,8.

La Nièvre (58) arrive à la deuxième place avec une chute du nombre de médecins qui a atteint 26 % entre 2007 et 2015. Le département compte 100 médecins pour 100 000 habitants, soit près de la moitié de la Capitale. En troisième position des départements les plus touché on trouve le Gers (32) avec une chute de 25 % des effectifs et une densité de 124,4 médecins pour 100 000 habitants. Au total, ce sont 13 départements qui ont vu leurs effectifs baisser de plus d'un cinquième entre 2007 et 2015.

Seuls deux départements s'en sortent : le nombre de médecins généralistes n'a pas bougé entre 2007 et 2015 en Loire-Atlantique (56) (densité 140,2 médecins pour 100 000 habitants) et a même augmenté de 1 % en Savoie (73) (densité 160,2 médecins pour 100 000 habitants).

Les départements avec les plus hautes et les plus basses densités de médecins

Si on ne prend que la densité, soit le nombre de médecins pour 100 000 habitants, voici les meilleurs et pire départements de France.

Les densités les plus élevées se trouvent dans les départements suivants : Hautes-Alpes (195,2), Paris (191,8), Les Pyrénées-Atlantiques (169,3) et, ex-aequo, les Pyrénées-Orientales et la Savoie (160,2).

Inversement, les départements avec les densités les plus faibles sont : l'Eure et l'Aisne (ex aequo avec une densité de 98 médecins pour 100 000 habitants), l'Indre (96,5), la Seine-et-Marne (95,7) et pour finir l'Eure-et-Loire et le Cher qui ont tous deux la densité de médecins la plus basse de France (94,4)

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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