Consommation collaborative : l’Etat a peur de perdre de l’argent

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 30 janvier 2015 à 8h02
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60%60% des e-acheteurs français pensent consommer collaboratif au moins une fois en 2015

La consommation collaborative séduit les Français : covoiturage, location d'appartements (type AirBnB), achats groupés... la révolution du monde de la consommation a commencé, doucement mais sûrement. C'est moins cher, c'est plus "juste"... sauf que quelqu'un pourrait décider de mettre les bâtons dans les roues à ce secteur. Et ce quelqu'un n'est personne d'autre que l'Etat.

Car oui, l'Etat a peur de ce mode de consommation.

La consommation collaborative passe par Internet

Si la consommation collaborative est en plein essor c'est grâce à Internet et à l'attrait des consommateurs pour le e-commerce. D'ailleurs, selon la Fevad, 35% des e-acheteurs a consommé "collaboratif" au moins une fois en 2014. Bien plus que les 20% de 2013. Et quand on pense que 60% des e-acheteurs pensent s'y mettre en 2015, on voit que le secteur a de l'avenir.

En tête, bien entendu, le covoiturage avec notamment BlaBlaCar, ou encore les vacances et la location d'appartements entre particuliers grâce aux sites comme AirBnB. Mais ce n'est pas tout.

La consommation collaborative c'est aussi la vente directe entre producteur et consommateur, les achats groupés (et donc moins chers). Ces derniers ont été utilisés par 7% des consommateurs en 2014 et 35% y pensent sérieusement pour 2015. Logique : c'est la crise alors il vaut mieux faire des économies.

Le gouvernement a peur de perdre de l'argent

La consommation collaborative attire donc les Français... et les regards de Bercy qui s'inquiète : si les Français consomment collaboratif et donc payent moins cher, forcément, c'est une partie des taxes qui glisse entre les filets des Impôts.

Et le gouvernement n'est pas content quand les Français dépensent moins pour consommer plus. Rappelez-vous que pour Nicolas Sarkozy le slogan était "Travailler plus pour gagner plus" mais ce "gagner plus" il n'a jamais été question de le mettre à la banque.

Du coup, Bercy réfléchit à comment récupérer une partie de ces recettes fiscales qui lui passent sous le nez. Un peu à l'instar de Paris qui veut mettre une sorte de taxe de séjour pour les locations de courte durée entre particuliers.

Et naturellement, si Bercy augmente la fiscalité sur la consommation collaborative, celui qui va payer cette augmentation est le consommateur... les prix augmenteraient donc et la consommation collaborative serait tuée dans l'œuf.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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