Inégalités : le graphique le plus parlant au monde

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Par Laure De Charette Modifié le 24 janvier 2014 à 4h04

Une image vaut parfois tous les grands discours. C'est ce que s'est visiblement dit l'Américain James Plunkett, présent au Forum Economique de Davos ces jours-ci, lequel a pour sujet principal les inégalités dans le monde.

Les super riches ont vu leur fortune exploser, les classes moyennes des pays dévéloppés stagner

Il a annoté et tweeté hier un graphique très parlant réalisé par l'économiste Branko Milanovic, également publié dans Business Insider, qui montre combien les inégalités de revenus se sont creusées en l'espace de seulement vingt ans, entre 1988 et 2008 (et on ne voit pas pourquoi les écarts se seraient résorbés depuis).

graphique

On voit en un coup d'œil que dans les pays émergents, les salaires ont explosé depuis la fin des années 1980. Il s'agit là essentiellement des classes moyennes chinoises. Parallèlement, les classes moyennes des pays développés (nous !) ont vu leurs revenus décliner, d'où, par exemple, le mécontentement actuel en France face à la hausse répétée des impôts.

Restent les grands gagnants : les élites mondiales, en somme les super riches de la planète, qui ont décuplé leur fortune ; et les grands perdants, les oubliés de la croissance, les pauvres, qui ont vu leurs maigres revenus désespérément stagner.

Les inégalités, le risque numéro un au monde

Ces gens étant des milliards, pas étonnant que le Forum Economique Mondial estime dans son étude baptisée « Global Risks 2014 », que le fossé entre les citoyens les plus riches et les plus pauvres est le principal risque pour le monde en 2014, loin devant par exemple les risques climatiques et environnementaux.

Cette semaine, l'association Oxfam a elle aussi publié un chiffre extrêmement parlant : 85 personnes possèdent autant de richesses que les 3,5 milliards les plus pauvres.

Résultat, 1% de la population mondiale détient 50% des richesses.

Pour Oxfam, le creusement de ces inégalités est en grande partie dû à la déréglementation financière, aux systèmes fiscaux biaisés et aux règles facilitant l'évasion fiscale. Les chefs d'Etat réunis à Davos feront-ils le même constat ? Pas sûr...

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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