Crise de l’euro : Le FMI rit pendant que l’Espagne pleure

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Par Charles Sannat Publié le 5 février 2013 à 9h41

Veni vidi (Mosco)vici, enfin Mosco c’est sûr mais pour le vici, ce n’est pas vraiment gagné… Notre grand mamamouchi du porte-monnaie gouvernemental a déclaré sur France 2 que l’euro « était fort, peut-être d’ailleurs trop fort à certains égards »… il faut dire que l’euro atteint 1,32 dollar… et qu’il est encore loin, très loin de ses plus hauts historiques de 1,60.

Mais je crois que l’on peut rassurer et notre sinistre et nos exportateurs. L’euro fort ne devrait pas durer encore très longtemps. On commence d’ailleurs à dire, au moment où j’écris ces lignes, que l’Europe et l’euro restent fragiles. Une mauvaise statistique sur le chômage espagnol a suffit à mettre le feu sur des marchés boursiers gonflés à l’hélium or l’hélium est inflammable comme nous l’avait montré l’accident du dirigeable Zeppelin… A Paris, le CAC 40 a cédé plus de 3 % dans la journée en raison justement des inquiétudes sur l’Espagne et accessoirement l’Italie avec le retour du Berlusconi…

Le FMI qui rit pendant que l’Espagne pleure

J’adore ce genre d’information et de télescopages qui je trouve ont une saveur particulière. En gros pour le FMI ce qui se passe en Espagne c’est génial. Un véritable festival de crétineries, un vrai régal… Nous avons droit à « des progrès majeurs ont été réalisés dans le secteur financier », « l’assainissement des banques est parvenu à un stade avancé », ou encore « Le programme est sur les rails »,

Le FMI est donc en train de s’extasier sur le fait que le secteur bancaire espagnol qui détient pas moins de 600 milliards de créances douteuses (c’est l’appellation d’origine contrôlée des créances pourries, c’est-à-dire sans valeur) se restructure. Oui mes amis, des banques en mauvaise santé rachètent ou fusionnent avec des banques carrément en faillite et c’est une bonne nouvelle puisque nos experts du FMI ne se sont pas encore rendu compte que lorsque l’on additionne une entreprise qui a 50 milliards de dettes avec une autre qui n’en a que 30… cela ne fait pas une moyenne de 40… mais un total de dette de 80 qui ne change rien au montant global du problème.

Alors vous savez, tout ça c’est « une réussite majeure qui devrait renforcer la confiance dans le système et améliorer sa capacité à soutenir l’économie réelle » et blablabla et blablabla… économie réelle qui à force d’être soutenue s’effondre de jour en jour. Avec plus de 25 % de chômeurs et 180 000 inscriptions supplémentaires, l’Espagne s’enfonce.

Bref, nous tenons-là un excellent moyen de faire baisser un peu la force de l’euro…. et quelqu’un devrait le dire au Mosco(Vici)

L’Euro en faillite est trop fort !

Oui on en entend des bêtises ces derniers temps. Remarquez je ne vais pas m’en plaindre, c’est mon fonds de commerce quotidien. Il y a encore quelques mois, tout le monde sur les marchés (les zinvestisseurs) avait peur que l’euro explose. Résultat ils préféraient avoir des dollars que de l’euro… on les comprend. Finalement le dollar ne vaut plus rien ces dernières semaines… alors que cela fait belle lurette qu’il ne vaut plus rien, mais c’est un autre débat. Du coup ils achètent de l’euro vu que Draghi le Mario(le) de la BCE a dit qu’il « ferait tout ce qui est nécessaire et que ce sera suffisant »… Fin de l’histoire, hausse de l’euro.

Sauf que Draghi n’a jamais rien fait depuis qu’il a dit que ce qu’il ferait serait suffisant et que… vous connaissez l’histoire. Donc comme il n’a rien fait les marchés vont pouvoir s’en rendre compte. Pas encore, il va falloir attendre que le problème espagnol reprenne de l’ampleur (ce qui ne saurait tarder), que le problème Chypriote fasse la « une » ou la « deux » des journaux, et que la croissance française soit tellement négativement forte que cela inquiète tout le monde.

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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