Face à la crise, les français plus fourmis que cigales

Par Olivier Sancerre Modifié le 20 août 2014 à 21h37

Le risque de déflation est plus que jamais présent pour la France : la hausse des prix dans la zone euro s'est limitée à 0,5% depuis le début de l'année, une situation qui place les consommateurs dans une position attentiste. Résultat : au lieu de dépenser leur argent, ils préfèrent épargner et attendre avant d'acheter.

Des réflexes inspirées par la déflation

Cette timidité dans la consommation s'incarne dans le taux d'épargne des Français. Au premier trimestre, indique la Banque de France, il a grimpé à 15,9% de leurs revenus disponibles, un niveau record depuis 2009. Et il ne fait qu'augmenter, puisque le taux était de 14,7% au dernier trimestre de l'an dernier !

Évidemment, plus on épargne, moins on consomme : l'argent investi dans la thésaurisation ne vient pas huiler les rouages de la machine économique, qui en aurait pourtant bien besoin — rappelons que la croissance a été de 0% au pays au second trimestre.

Trop d'épargne tue la croissance

En Allemagne, où le taux d'épargne a été plus élevé (16%), la croissance a même été négative. En revanche, aux États-Unis, le taux d'épargne de 4,5% permet à l'économie du pays de connaitre un fort rebond.

La peur du lendemain, alimentée par une crise lancinante et l'impression de confusion donnée par l'exécutif ne peuvent pas qu'inciter à la prudence, pas à la consommation à tout crin. Les Français se ruent sur des produits d'épargne de type assurance-vie ou dépôts à vue, mais pas au financement des entreprises : la Bourse fait toujours peur avec son instabilité. Certains analystes annoncent cependant un relâchement des cordons de la bourse d'ici la fin de l'année.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.