Beurre : les américains en raffolent, les prix des croissants flambent

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Par Marie-Hélène Herouart Modifié le 12 juin 2017 à 18h39
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5,37 euros le kiloUn kilo de beurre coûte désormais 5,37 euros, soit une augmentation de plus de 100 % en un an seulement.

Après la modification des grilles tarifaires et la libération des quotas de production de lait, orchestrée par l'Union Européenne en mai 2016, plusieurs agriculteurs français ont cessé de produire (-4 %). En parallèle la demande mondiale de beurre a explosée. Or, la raréfication du lait a entrainée une pénurie du beurre, qui s'apprête à se répercuter sur les consommateurs.

Depuis quelques années, les vertus alimentaires du beurre sont reconnues. Ainsi, il y a deux ans déjà, le Times titrait "Eat Butter", soit littéralement Mangez du beurre, tandis qu'en automne 2015, Mc Donald's réadaptait l'ensemble de ces recettes afin d'y remplacer la margarine par du beurre. Résultats : la demande mondiale en beurre a explosé alors même que sa production diminue.

Les producteurs agroalimentaires n'ont plus de beurre

Depuis plusieurs mois la Fédération des Entreprises de la Boulangerie (FEB) s'alarme. La modification des grilles tarifaires et la libération des quotas des producteurs de lait, orchestrées par l'Union Européenne en mai 2016, commence à se répercuter sur des filières dérivées. Cette directive européenne a en effet entraîné une diminution du nombre d'éleveurs de vaches en France, ayant pour conséquence une raréfication du lait. Or, la raréfication du lait a amorcée une pénurie du beurre qui s'est amplifiée fin mai 2017.

Pour la FEB, la situation est devenue asphyxiante. Le prix du beurre s'élève désormais à 5,37 euros le kilo, soit une hausse de plus de 100 % depuis mai 2016. Pire encore, depuis fin mai 2017, le secteur est victime d'une pénurie du beurre. Conséquence : les industries agroalimentaires s'inquiètent à présent plus d'avoir du beurre de que combien il va coûter.

Les consommateurs payeront donc l'argent du beurre

Comme un célèbre dicton l'indique, "On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre". Raison pour laquelle, les entreprises de la Boulangerie - qui subissent la pénurie et la hausse faramineuse du prix du beurre -, commencent à s'affoler. Pour supporter cette situation et la rendre à nouveau viable économiquement pour les producteurs boulangers, la FEB envisage deux solutions.

D'une part, elle demande aux industries laitières de produire d'avantage de beurre. D'autre part, la FEB voudrait désormais obliger la grande distribution à acheter les viennoiseries plus cher afin de compenser la hausse du prix du beurre. Or, l'engrenage suivant est bien connu : si la grande distribution achète ces produits à un coût plus important, il y a fort à parier que cela se traduira par une augmentation des prix en magasins. Sachant qu'un croissant est composé à 25 % de beurre, les Français peuvent s'attendre à payer leur viennoiserie préférée plus chère dès les prochains mois. À la fin de la chaîne, serait-ce donc toujours le consommateur qui paye ?

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Aspirante journaliste, Marie-Hélène est étudiante à l'Ecole de journalisme de Toulouse dans la promotion 2018-2021. Elle est diplômée d'une licence de Droit public et écrit chez Economie Matin depuis mai 2017.