Des taxis français réclament 180 millions d’euros à Uber

Par Olivier Sancerre Modifié le 8 septembre 2020 à 11h15
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30000 EUROSLes chauffeurs de taxi réclament entre 20.000 et 30.000 euros à Uber.

Plus de mille taxis réclament 180 millions d'euros à Uber pour la concurrence déloyale que ferait peser le géant de la mise en relation avec un chauffeur VTC. Une première en France.

Deux sociétés de taxis, Taxis Varois et France Taxis, avec l'aide de deux représentants syndicaux, la Fédération nationale des taxis indépendants (FNTI) et l'Union nationale de Taxis (UNT), ont mis en place une action collective avant l'été contre Uber. Objectif : rassembler un maximum des taxis français (ils sont 55.000 en France) afin d'assigner en justice le géant américain du VTC pour concurrence déloyale. L'initiative rassemble à l'heure actuelle 1.200 taxis, qui selon Les Echos, estiment leur préjudice économique entre 20.000 à 30.000 euros par année d'exercice, dans une limite de 5 années. Cela représente pour Uber un maximum de 180 millions d'euros, un montant qui pourrait grimper si d'autres chauffeurs venaient rejoindre l'action collective.

Lien de subordination

En mars de cette année, la Cour de Cassation jugeait qu'il existait un lien de subordination entre un chauffeur et Uber. Par conséquent, son contrat de travail doit être requalifié en statut de salarié. Selon les avocats des taxis, Uber s'est placé dans une situation « anormalement avantageuse », l'entreprise dégage une « économie illicite » en ne respectant pas les obligations financières légales liées à ce statut plus protecteur que celui de chauffeur indépendant. Les taxis veulent également faire reconnaitre par la justice le préjudice moral subi par l'arrivée d'Uber sur le marché : leur chiffre d'affaires a baissé, tout comme la valeur de leur licence.

Image publique dégradée

Sans oublier une image publique qui en a pris un coup : Uber a su dépoussiérer le métier avec son application mobile très pratique. Au prix de méthodes sociales décriées partout dans le monde. En Californie, la loi oblige désormais les plateformes de la « gig economy » à requalifier leur statut en salarié. Ce contre quoi Uber se bat bec et ongle : l'entreprise a menacé de suspendre ses activités dans cet État américain. À l'heure actuelle, un projet de référendum local pour renverser la législation est en préparation.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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