La faillite de Detroit menace les oeuvres d’art de son musée

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Par Jean-Baptiste Le Roux Modifié le 8 janvier 2014 à 10h52

Un véritable crime pour certains, une nécessité pour d'autres. La ville de Detroit, en pleine faillite, pourrait vendre les oeuvres d'art de son musée, le Detroit Institute of Arts, afin de renflouer les caisses municipales.

La crise fait des ravages, indirects, dans le monde de l'art. La ville de Detroit est sur le point de s'en rendre compte. Cela sonne même comme la solution de la dernière chance, tant cette dernière est symbolique.

La municipalité prête à vendre les oeuvres du Detroit Institute of Arts

Complètement ruinée, la ville du Michigan, capitale de l'automobile aux Etats-Unis, s'est déclarée prête à vendre les trésors que renferme son musée, le Detroit Institute of Arts, l'un des plus importants musées du pays. Les discussions autour d'une telle entreprise auraient débuté à l'été. Et la municipalité aurait ensuite demandé dans la foulée à Christie's, la fameuse maison de vente aux enchères, d'estimer le trésor que renferme le musée.

Une dette de 18,5 milliards de dollars à rembourser

Une estimation qui vient d'être rendue publique et qui permettrait de résorber la dette de la ville, à savoir un gouffre de 18,5 milliards de dollars. La maison de ventes aux enchères a donc rendu son verdict et ce sont exactement 866,9 millions de dollars qui dorment entre les murs du musée sous forme d'oeuvres d'art diverses et variées. Et il ne s'agit pourtant que de 5 % des oeuvres exposés, la grande partie des trésors du Detroit Institute of Arts étant des oeuvres en dépôt, en propriété totale ou partielle de collectionneurs privés. Parmi elles, on retrouve un autoportrait de Van Gogh de 1887 qui pourrait atteindre les 150 millions de dollars, mais également La Fenêtre de Matisse dont l'estimation par Christie's est de 80 millions de dollars.

Les syndicats de Detroit s'élèvent contre un tel procédé

Reste que certains syndicats s'inquiètent d'un tel procédé, craignant en fait que l'argent issu de la vente ne serve à renflouer les caisses de la ville, plutôt qu'à alimenter les fonds de pension des employés de la municipalité. En outre, Detroit semble avoir étudié le volet juridique d'une telle affaire. Néanmoins, la ville a d'autres plans en réserve. S'il n'est pas possible de vendre ces oeuvres, elles pourraient tout à fait servir de garantie pour un prêt, être prêtées à des musées voisins, voire faire l'objet d'expositions itinérantes, payantes, bien évidemment.

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Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame où il anime des matinales et l'émission Parole d'Evêque. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme et membre de l'Association des Journalistes de Défense. 

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