L’Éco par le Prof : la dévaluation, grave ou pas grave ?

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Par Charles Sannat Modifié le 9 mai 2017 à 9h49
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21%Entre août 2014 et fin 2015 la réévaluation effective du dollar pour les Etats-Unis a été de 21 %.

Dans cette nouvelle vidéo de l’Éco par le Prof, je vous propose que l’on parle un peu d’un sujet qui revient assez souvent pour celles et ceux qui suivent l’actualité économique, à savoir l’idée de dévaluation !

Alors la dévaluation, c’est grave ou pas ? Eh bien en substance, ni l’un ni l’autre : la dévaluation comme la réévaluation sont des mécanismes d’ajustements économiques salutaires et nécessaires afin de lutter contre des déséquilibres naissants.

Je rappelle à toutes fins utiles que les « dévaluations », par définition, volontaires n’existent que dans des régimes de changes dits « fixes » par opposition aux régimes de changes flottants dans lequel l’euro par exemple évolue.

Vous devez comprendre qu’une dévaluation ne peut être que le fruit d’une décision politique et des autorités monétaires d’un pays.

Dans le système de change flottant qui est le nôtre, ce sont les marchés qui décident de la valeur d’une monnaie par rapport aux autres. Les autorités monétaires détiennent bien quelques leviers d’action pour influencer justement les décisions des marchés, mais elles ne peuvent plus directement décider d’un taux de change.

Enfin, quitte à tordre le cou à une fausse croyance économique, les dévaluations sur le moyen et long terme n?entraînent pas un surcroît de compétitivité réelle. Elles permettent juste, et c’est leur fonction, de lutter contre les déséquilibres, et c’est ce mécanisme « naturel » de lutte contre les déficits qui permet justement aux agents économiques des pays concernés de prendre de meilleures décisions.

Le problème de l’Europe n’est pas l’euro en tant que tel, puisque l’euro est coté sur les marchés des changes et fluctue de façon considérable par rapport aux autres monnaies.

Non, le problème fondamental, c’est l’absence de mécanisme d’ajustement et de résolution des déséquilibres au sein même des pays de la zone euro qui n’est pas aujourd’hui une zone suffisamment homogène.

Nous en sommes donc toujours au même point, soit plus d’Europe, soit plus d’Europe du tout (sous sa forme monétaire j’entends).

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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