Disney ferait croire aux enfants que « les inégalités sociales sont bénignes »

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 23 février 2016 à 8h09
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32%Le premier trimestre 2015-2016 de Disney a vu le chiffre d'affaires du groupe grimper de 32 %.

Tout est beau, tout est magique, tout va bien... les univers de Disney, en tout cas dans les dessins animés classiques du géant américain, dépeignent un monde dans lequel on voudrait tous vivre. Un monde utopique qui serait... totalement déconnecté de la réalité. Des chercheurs de la Duke University de Caroline du Nord estiment que les films Disney donnent à nos enfants une vision totalement faussée du monde et surtout des inégalités sociales.

Être pauvre ? Ce n'est pas un problème chez Disney

On connaît tous les théories du complot contre Disney (certains voient des messages subliminaux dans les films du groupe), mais cette fois la théorie est scientifique. Les chercheurs de la Duke University ont analysé 32 films du géant de l'animation américain dont la majorité a rapporté plus de 100 millions de dollars au box-office. Leur conclusion est que la vision que donne Disney du monde est totalement fausse.

Certes, les univers Disney (parmi ceux étudiés on trouve les grands classiques comme Le Roi Lion, Mary Poppins, Blanche-Neige, Aladin...) sont avant tout des contes pour enfants mais ils décriraient les inégalités sociales de manière complètement fausse et même dédramatisante.

Les personnages divisés en "classes sociales"

Dans le cadre de cette étude rapportée par le Daily Mail, les chercheurs ont divisé les personnages principaux des films en diverses classes sociales en fonction de leur travail : élevée, moyenne, ouvrière et pauvre. 56 % des personnages des films entreraient dans les deux premières catégories ce qui, pour les chercheurs, est totalement irréaliste... les pauvre sont "sous-représentés" par rapport à la réalité.

Mais si c'était là le seul problème... les personnages des classes les plus "difficiles" semblent dépeindre les travaux ouvriers comme "sans difficultés" (les sept nains contents d'aller à la mine dans Blanche-Neige, Bert qui est heureux de ramoner les cheminées dans Mary Poppins...) tandis que les enfants issus de milieux défavorisés sont montrés comme "heureux" et "tellement amusants que les enfants des riches se mélangent volontiers avec eux".

Disney, selon les chercheurs, "rend bénignes la pauvreté et les inégalités sociales en impliquant qu'elles ne sont pas problématiques puisque peu de personnes en souffrent" conclut l'étude.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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