La moitié des emplois de France se trouve dans 12 villes

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 22 février 2017 à 6h07
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24%Paris concentre 24 % des emplois de France.

Vous savez la distinction que l’on fait entre Paris et la « Province » ? il va falloir l’oublier un peu. Si la construction très centrée sur Paris de la France fait que la capitale est encore le premier foyer d’emplois en France, 11 autres villes sont venues, ces dernières années, lui piquer des talents. C’est ce qui ressort de la dernière étude du Think Tank France Stratégie publiée le 20 février 2017.

Paris concentre 2 emplois sur 10 mais perd du terrain

La Capitale française reste la Capitale de l’emploi : à elle seule, Paris concentre, selon l’étude de France Stratégie sur la « Métropolisation », 22 % des emplois de France. Ce n’est toutefois pas étonnant : l’Île-de-France compte plus de 12 millions d’habitants, soit environ un cinquième de la population française.

Toutefois, la croissance ralentit : Paris n’est plus aussi dynamique qu’auparavant dans la création d’emplois. Les cadres et les familles de ces derniers cherchent de plus en plus à habiter en Province où le niveau de vie et le cadre de vie sont largement plus favorables que ceux de la Capitale. Sans compter le prix des loyers ou de l’immobilier qui sont bien plus favorables loin de la Capitale que dans celle-ci.

Le dynamisme de 11 villes de plus de 500 000 habitants

Selon le Think tank, la tendance à la Métropolisation est en recul : la croissance des postes de cadres n’a été que de 0,2 % entre 2006 et 2013, en pleine crise, contre près de 3,7 % par an entre 1968 et 1999. Forcément, les cadres étant ceux qui habitent en ville, la Métropolisation, comme l’appelle France Stratégie, ralenti. Mais la fin de la crise qui se profile à l’horizon pourrait la relancer.

Et si la suprématie de Paris ne risque pas d’être remise en cause, 11 autres villes, toutes de 500 000 habitants ou plus, devraient être dynamiques. Elles concentrent déjà 22% des emplois de France et la part pourrait augmenter. Pas partout, toutefois, car le dynamisme de la création d’emplois est inégal.

Selon France Stratégie, entre 1999 et 2013, Rouen a perdu des emplois et la croissance de ces derniers est ralentie à Lille, Nice ou encore Grenoble. Par contre, Bordeaux, Montpellier et Toulouse affichent un dynamisme à toute épreuve.

L’inquiétude pour le futur

France Stratégie estime que le futur pourrait s’assombrir pour les petites villes de Province si un plan n’est pas réfléchi et lancé : la croissance des emplois se concentre dans les « fonctions de production abstraite ».

Les cadres, les ingénieurs et la communication tout comme la recherche et le développement sont des secteurs porteurs d’emplois : le nombre de postes va augmenter dans les années à venir. Mais les entreprises qui les créent se situent en ville. Si la tendance n’est pas inversée, il y a donc un risque que les territoires moins urbanisés ne soient, doucement, désertés.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio