Emprunts d’Etat : alerte rouge sur les taux d’intérêt au plus haut depuis 2011

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 19 août 2013 à 15h35

La croissance et la reprise économique à peine recommencées que de nouveaux signaux inquiétants parviennent des bourses et des emprunts d'Etat, en particulier aux Etats-Unis où les taux ont augmenté de manière significative entraînant avec eux les taux de la France et de l'Allemagne.

Hausse des taux d'intérêt américains, allemands et français

Des taux d'intérêt aussi élevés pour les emprunts d'Etat américains n'avaient pas été enregistrés depuis juillet 2011. Vendredi 16 août ils ont atteint 2,82 % ce qui a fait grimper aussi les taux français, qui ont augmenté de 2,40 % et les taux allemands qui ont subi une hausse de 1,88 %.

Pour les experts il y a là un risque si le président de la Réserve fédérale américaine n'intervient pas en personne. Ben Bernanke avait pris la parole pour rassurer les investisseurs concernant la politique monétaire des Etats-Unis lors de la dernière hausse importante de ces taux survenue la semaine du 1er juillet 2013.

Les taux hypothécaires pourraient augmenter aussi

Si pour l'instant les analystes restent prudents, il y a un risque important que cette hausse des taux d'emprunts ait une répercussion sur les taux hypothécaires américains, ce qui freinerait grandement, voir bloquerait, la croissance américaine.

Des prévisions parlent déjà de T-notes sur 10 ans dont le rendement pourrait tourner autour de 4 % si les investissements de la Fed ralentissent. Le risque principal est de voir un impact sur la reprise de l'immobilier aux Etats-Unis qui, comme le souligne Gilles Moec de Deutsche Bank, a permis de « compenser le durcissement budgétaire ».

L'Europe contaminée par cette hausse des emprunts d'Etat ?

En Europe, la situation est différente puisque la reprise économique n'est pas encore certaine, même si des signaux positifs parviennent des marchés. La sortie de la récession confirmée il y a deux semaines donne espoir, mais le tout reste fragile.

Pourtant, les dettes espagnoles et italiennes sont vues à nouveau d'un œil positif par les investisseurs et les Bonos, les obligations espagnoles à 10 ans, ont baissé à 4,36 % et n'ont jamais été aussi proches des taux allemands dans les deux dernières années.

Les bourses européennes font mieux que Wall Street

Il semblerait néanmoins que la confiance des investisseurs se soit renouée avec les marchés européens qui continuent une croissance légère. Les pays du Sud mènent la marche mais cela ne suffit pas et une reprise économique forte et pérenne est nécessaire, estiment les professionnels du secteur, sous peine de rompre le mouvement.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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