Les ménages modestes obligés de consommer leur épargne Covid

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 23 mars 2022 à 9h44
Epargne 2020 Livret A Ldds 1
170 MILLIARDS €Selon la Banque de France, 170 milliards d'euros ont été sur-épargnés durant la crise de la Covid-19.

La crise de la Covid-19 a créé une situation inédite en France : les dépenses des ménages ont été réduites à néant, faute de loisirs disponibles et de déplacements, tandis que les salaires étaient pour la plupart conservés, soit grâce au télétravail soit grâce au chômage partiel. Résultat : l’épargne a fortement augmenté chez tous les ménages de France, Livret A et LDDS atteignant des encours record.

Les ménages modestes commencent à ne plus pouvoir sur-épargner

Le montant de cette épargne exceptionnel est plus que conséquent : selon la Banque de France, 170 milliards d’euros d’épargne de plus ont été cumulés grâce (ou à cause) de la pandémie de Covid-19 par les ménages français. Mais les inégalités frappent de nouveau depuis septembre 2021, selon une étude du Conseil d’Analyse Économique (CAE) basée sur les données anonymisées de clients du Crédit Mutuel et publiée mardi 22 mars 2022.

Ainsi, les 20% des ménages les plus modestes, estiment les auteurs, ont commencé à ne plus pouvoir sur-épargner dès septembre 2021. « Les deux premiers déciles auraient désormais un stock d’épargne proche de son niveau « normal » (tendance pré-crise) c’est-à-dire qu’ils auraient quasiment consommé en totalité le surcroît d’épargne qui a été généré durant la crise sanitaire », écrit le CAE.

Les plus riches continuent de cumuler de l’épargne

L’évolution de la capacité à épargner est complètement différente chez les derniers déciles, les 10% les plus riches. Comme le souligne le graphique de l’étude du CAE, ils ont été les plus durement touchés par le krach boursier de 2020 du fait de la quantité de comptes-titres (donc d’actions) qui composent leur épargne.

Mais l’effet inverse se produit depuis la fin de l’été 2021, grâce à la reprise de la Bourse et de l’activité (les données du CAE ne prenant pas en compte des effets de la guerre en Ukraine) : leur épargne est 10% supérieure à ce qu’elle aurait été sans la pandémie (trajectoire normale) alors que pour les 20% les moins riche, elle est retombée à son niveau « normal ».

Six fois plus d’épargne supplémentaire pour les plus riches

L’étude du CAE dévoile également la différence d’épargne supplémentaire par rapport à la trajectoire « normale » : elle est, sans surprise, largement supérieure chez les 10% les plus riches. Ces derniers disposent d’environ 30.000 euros supplémentaires d’épargne en février 2022.

Pour les 20% des ménages les moins riches, cette épargne supplémentaire ne dépasse que de peu les 5.000 euros, soit près de 6 fois moins. Sans surprise, la pandémie de Covid-19 a creusé les inégalités en France et les ménages les plus aisés en sont les grands gagnants.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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