Épargne Covid : plus de 70 milliards de plus pour les ménages

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 17 décembre 2021 à 15h34
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2,8%L'inflation en novembre 2021 a atteint 2,8% sur un an.

Le surplus d’épargne lié à la crise sanitaire de la Covid-19, appelé « épargne Covid », a continué d’augmenter en 2021. Une tendance qui, malgré tout, ralentit, notamment car les Français ont été un peu plus libres de leurs faits et gestes par rapport à 2021. Cela ne lui empêche pas d’atteindre des nouveaux records, alors que les livrets défiscalisés vont voir leur taux d’intérêt augmenter.

L’épargne Covid frôle les 190 milliards d’euros

Publiées mercredi 15 décembre 2021, les données de la Banque de France sur la sur-épargne des ménages, l’épargne supplémentaire cumulée à cause de la crise sanitaire par rapport aux données pré-crise, dévoilent un nouveau record. Au troisième trimestre 2021, elle s'élève à 6 milliards d’euros… bien moins que durant le deuxième trimestre où elle avait été de 22 milliards d’euros. La tendance est donc au ralentissement, et les échéances fiscales d’octobre et novembre, ajoutées au fêtes de fin d’année, pourraient bien réserver une petite surprise pour le dernier trimestre 2021.

Néanmoins, difficile de croire que la sur-épargne sera « supprimée » complètement : sur les trois premiers trimestres 2021 elle a été de 73 milliards d’euros, permettant à l’épargne Covid d’atteindre le niveau record de 187 milliards d’euros à la fin du troisième trimestre 2021 selon la Banque de France.

L’épargne va-t-elle être dépensée ?

L’augmentation annoncée du taux du Livret A pourrait être contreproductive, même si le nouveau taux ne devrait pas dépasser 1% : il pourrait réduire l’envie des Français de dépenser ces centaines de milliards d’euros qui dorment sur leurs comptes. La Banque de France estime en effet que l’épargne financière des ménages à la fin du troisième trimestre 2021 était de 293 milliards d’euros.

Une somme très élevée qui, si consommée, pourrait rebooster la croissance de la France en 2022 pour lui permettre d’atteindre une nouvelle fois plus que prévu. En 2021, désormais, la croissance est attendue à 6,8% sur un an, un niveau jamais vu depuis 50 ans selon la Banque de France. Mais dès 2021, elle pourrait se tasser si la consommation ne connaît pas de sursaut.

Or, les ménages doivent également composer avec la hausse des prix : l’inflation a atteint 2,8% sur un an en novembre 2021 tandis que les prix de l’énergie et des produits de consommation courante sont attendus en hausse sur fond de pénuries.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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