En Espagne, de la concurrence italienne pour les TGV de la SNCF

Par Olivier Sancerre Modifié le 17 août 2020 à 11h52
Trenitalia Espagne Tgv 2
800 MILLIONSLes 23 rames espagnoles de Trenitalia vont lui coûter 800 millions d'euros.

Qui sortira gagnant de la bataille du rail espagnol ? La SNCF est bien engagée, mais le groupe italien Trenitalia oppose une forte concurrence et avance ses pions.

Pour les grandes compagnies européennes du rail, c'est l'opportunité à ne pas manquer. Le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol va en effet bientôt s'ouvrir à la concurrence, sous la pression d'une directive européenne transposée dans le droit espagnol il y a deux ans. La SNCF a obtenu l'an dernier des droits de circulation sur les lignes à grande vitesse du pays, mais Trenitalia n'a pas dit son dernier mot. L'entreprise italienne va faire circuler ses propres trains sur trois lignes à forte fréquentation : Madrid-Barcelone, Madrid-Valence/Alicante et Madrid-Malaga/Séville. Ce sont 84 voyages quotidiens qui seront ainsi assurés par Trenitalia.

23 rames commandées à Bombardier

Le groupe italien a passé commande de 23 rames de TGV auprès de Bombardier. Les modèles, des Frecciarossa 1000 (ou ETR 1000), peuvent circuler sur toutes les lignes à grande vitesse européennes à un maximum de 400 km/h. Le contrat, qui sera exécuté en Italie, est un investissement de taille pour Trenitalia qui va débourser 800 millions d'euros. Les premières rames seront livrées en Espagne à partir de 2022 ; avant de rouler, il leur faudra néanmoins passer des tests d'homologation. Alstom va d'ailleurs en profiter pour partie, la société française étant sur le point d'acheter Bombardier Transport à qui revient 40% du contrat (les 60% restants sont pour le japonais Hitachi).

Une coentreprise avec Air Nostrum

Trenitalia n'a pas lésiné pour obtenir une place sur le réseau ferroviaire espagnol. L'entreprise s'est en effet alliée à Air Nostrum pour créer une joint-venture, Intermodalidad de Levante (ILSA). ILSA a obtenu des droits de circulation sur les lignes à grande vitesse du pays, à l'instar de la SNCF et de la compagnie historique Renfe. La bataille s'annonce donc très intéressante et elle pourrait même permettre de faire baisser les prix des billets pour les voyageurs.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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