Primes des patrons : deux “non” pour l’exemple

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Par Elisabeth Guedel Modifié le 1 juin 2012 à 4h45

Eco Digest du 1 juin 2012 (1) – Sacré dilemme pour Pierre-Henri Gourgeon. L’ex-directeur général d’Air France a vu sa prime de non-concurrence refusée par les actionnaires du groupe, à près de 79 % des votes. L’avis négatif lancé il y a deux jours par le gouvernement a donc été largement suivi par les autres actionnaires du groupe aérien. Cette prime de 400 000 euros a déjà été versée sur le compte de l'ancien dirigeant, il est dans son droit de la conserver, a assuré le PDG d’Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta. Mais que faire quand un ministre, en l’occurrence celui de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, déclare sur France Inter que « la morale voudrait que, de lui-même, Pierre-Henri Gourgeon rembourse » cette prime ? Il y a de quoi hésiter... Toutefois, ses proches doutent qu'il le fasse, rapporte Le Figaro.

Pierre-Henri Gourgeon pourrait être le premier d’une longue liste où l’Etat actionnaire (qui détient 15,9% d’Air France-KLM) refuse d’avaliser les rémunérations de dirigeants d’entreprise en difficultés. Jean-Paul Herteman vient d’y figurer. Le PDG de Safran, l’équipementier aéronautique et de défense dont l’Etat détient 30 % du droit de vote, s’est vu refuser jeudi une indemnité de départ (parachute doré, rejeté à 55 % des suffrages) et une retraite chapeau (56,5 % des votes) par les actionnaires. Là encore, Pierre Moscovici s’est dit satisfait et a fait savoir, dans un communiqué, qu’il “proposera très prochainement de nouvelles règles sur la rémunération des dirigeants d’entreprise”. Mi-juin à priori.

La nouvelle politique Hollande et la fronde grandissante des actionnaires lancent donc un avis de tempête sur les rémunérations des dirigeants d’entreprises. En février dernier, Philippe Varin, le PDG de PSA Peugeot Citroen, avait renoncé, de lui-même, à son bonus alors que le groupe automobile pourrait fermer plusieurs usines.

Et dans le secteur bancaire, ce n’est pas mieux : selon Les Echos, les banques françaises ont divisé par deux les bonus de leurs traders. Les quatre principales banques, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Natexis, ont tout de même versé 1,1 milliard d’euros de bonus à un peu plus de 9 000 salariés “preneur de risques” dans le monde.

- Son absence a choqué à l’assemblée générale d’EADS : Arnaud Lagardère ne s'est pas déplacé à Amsterdam, au siège de groupe aéronautique et de défense, alors même qu’il vient d’être élu président du conseil d’administration. S'il ne devrait pas avoir de souci pour toucher son salaire, en revanche, sa prime d’assiduité (oui, il y en a une !) ne devrait pas être bien grasse. Avant qu’il ne soit élu président, lorsqu’il était simple administrateur, sa prime n'avait pas dépassé 30 000 euros, la plus basse du conseil d’administration !

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