Fiat voudrait avaler Volkswagen, l’Allemande dit « nein »

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 9 mars 2017 à 7h05
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20 MILLIARDS $Pour les seuls Etats-Unis les amendes infligées à Volkswagen dans le cadre du DieselGate ont dépassé les 20 milliards de dollars.

Le secteur automobile est en pleine ébullition avec le salon de Genève qui ouvre ses portes au public jeudi 9 mars 2017. Plusieurs modèles y sont présentés dont des nouvelles voitures tous publics et quelques supercars et hypercars dédiées aux plus fortunés. Mais en coulisses les discussions sont de toute autre nature : on reparle de fusions.

Fiat Chrysler s’intéresserait à Volkswagen

A la suite du DieselGate en septembre 2015, la firme Volkswagen a perdu beaucoup de valeur en Bourse : près de 40 % de son capital s’est envolé dans les semaines suivant le scandale. Malgré ça, la firme de Wolfsburg a réussi, à grands coups de promotions en tous genres, à récupérer la place de numéro 1 mondial en 2016 alors même que les enquêtes ne sont pas terminées et que les amendes tombent régulièrement. Pour les seuls Etats-Unis, petit marché pour Volkswagen avec 500 000 véhicules vendus par an contre plus de 10 millions chaque année dans le monde, le groupe de Wolfsburg devra payer plus de 22 milliards de dollars d’amende.

11 millions de véhicules sont concernés par le scandale des logiciels truqueurs de Volkswagen ce qui laisse présager de nouvelles condamnations et amendes partout dans le monde. C’est donc une mauvaise période pour le groupe et Fiat Chrysler Automobiles, issu de la fusion en 2014 entre Fiat et Chrysler, voudrait en profiter.

Mardi 7 mars 2017, au salon de Genève, Sergio Marchionne, PDG du groupe italo-américain, a annoncé qu’il ne serait pas contre, loin de là, une fusion entre son groupe et Volkswagen. Marchionne avait déjà tenté de fusionner avec General Motors, par exemple, mais a toujours reçu une réponse négative.

Volkswagen dit « nein » : « nous avons d’autres soucis »

Interrogé sur la question en marge du salon de l’Automobile de Genève, Matthias Mueller, catapulté à la tête de Volkswagen après la démission de Martin Winterkorn à la suite du DieselGate, ne semble pas du même avis que le PDG italien. Il a tout simplement évité le sujet.

« Nous ne sommes pas prêts pour des discussions » a déclaré à Reuters le PDG de Volkswagen mercredi 8 mars 2017 tout en ajoutant « nous avons d’autres problèmes ». Le groupe doit en effet se redresser et attend de nombreuses décisions de justice qui ne lui permettent pas d’avoir une vision claire de son futur à court et moyen terme.

Le groupe Fiat-Chrysler-Volkswagen ne naîtra donc pas de sitôt. Mais attention, Matthias Mueller n’a pas totalement fermé la porte : le sujet n’est tout simplement pas à l’ordre du jour.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio