Plus les résultats économiques sont mauvais, plus le cours des actions monte

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Par Charles Sannat Publié le 21 février 2013 à 10h25

De quoi vous parler aujourd’hui tellement les sujets sont nombreux. Le fils d’Hollande nommé à la tête de l’Epad de la Défense, non pardon, c’est son ex-femme nommée à la vice-présidence de la BPI (la Banque Publique d’Investissement) ou surnommée la Banque Pour les Ignares selon certaines mauvaises langues. C’est un vrai sujet. Finalement j’en ai fait un article à part entière.

Je me suis dit tiens, la dernière réaction d’Angela Merkel qui redit, au cas où certains n’auraient pas compris, que l’euro est à son bon prix c’est-à-dire pas trop fort c’était une vraie information. Finalement j’en ai fait un article à part entière.

Il y avait bien la lettre du PDG de Titan le groupe de pneus américain à qui Montebourg voulait refourguer les ouvriers de l’usine Goodyear d’Amiens…. Mais finalement ça méritait un article à part entière.

Mais rassurez-vous, je vous ai trouvé de bons plats. Rien à voir avec des restes de lasagnes bolo frelatées au cheval. Vous avez vu comment ils continuent tous d’en parler ? Je vous rappelle le nombre de mort : 0. Non voyez-vous aujourd’hui j’ai décidé de discuter avec vous de la bourse de Paris qui monte pendant que les sociétés, elles, enregistrent des pertes monumentales. D’ailleurs plus elles perdent de fric, plus elles licencient, et plus l’action en bourse monte. Monte et monte encore. Tenez, prenons par exemple, au hasard le Crédit Agricole. Le Crédit Agricole est une banque. Une vieille banque qui collecte l’argent dans toutes nos campagnes et bien souvent la seule banque en dehors du bureau de poste, qui, s’il n’a pas été fermé n’est évidemment toujours pas une banque… (il suffit d’avoir un compte à la Banque Postale pour s’en rendre compte. Demandez à ma femme, elle en sait quelque chose).

Bref une banque comme le Crédit Agricole, c’est un 4×4 du bénéfice. Qu’il neige, qu’il pleuve, qu’il vente, un Crédit Agricole ne peut pas perdre d’argent. Enfin tant que ses dirigeants restent dans leur métier ingrat de banquiers des campagnes. Mais non. Nos patrons sont très intelligents et nous, nous sommes des crétins réfractaires au changement. Donc EUX, sont allés internationaliser le Crédit Agricole en particulier en Grèce. Combien de dirigeants du Crédit Agricole ont seulement été mis en examen pour incompétence ? Car il arrive un moment où l’incompétence devient criminelle et relève de l’action d’un Magistrat.

Crédit agricole a perdu 6,5 milliards d’euros en 2012

Jean-Paul Chifflet directeur général de CASA et Jean-Marie Sander, son président, ont présenté des résultats fabuleux sans que personne ne pense à réclamer la démission de ces génies de la finance internationale et du yaourt grec. Alors le Crédit agricole S.A d’après le communiqué de presse gobé par tout le monde je cite : « entend tourner la page de ses déboires à l’international et prévoit un nouveau plan stratégique triennal ». Voilà tous les clients du Crédit Agricole rassurés d’avoir toutes leurs économies dans cette banque puisqu’elle enregistre une perte de 6,5 milliards d’euros pour l’année 2012.

Le Crédit Agricole c’est comme le Crédit Lyonnais…

Cela fait une perte de plus de 42,6 milliards de francs. Oui vous avez bien lu de francs français de l’ancienne époque d’avant l’euro. Pourquoi ? Tout simplement pour faire un petit effort de mémoire sur « feu » le scandale du Crédit Lyonnais devenu depuis le LCL histoire de faire oublier cette sinistre histoire et racheté entre temps par… le Crédit Agricole. Franchement il y a de quoi rigoler tous les jours avec les banquiers. Bref les pertes du Crédit Agricole d’aujourd’hui se rapprochent sensiblement des pertes du Crédit Lyonnais d’hier. C’était juste pour faire un petit comparatif.

Donc les grands mamamouchis de la banque de nos campagnes ont décidé : « dans le nouvel environnement économique et réglementaire qui est le nôtre, nous avons décidé d’élaborer un nouveau plan à moyen terme. Deux priorités structureront nos travaux : l’accélération des chantiers autour de la banque universelle de proximité et l’approfondissement des évolutions engagées sur les métiers spécialisés ».

En clair les dirigeants viennent de se rendre compte que les métiers spécialisés du type grands vilains traders n’étaient peut-être pas faits pour eux, et qu’ils avaient pourtant plein de clients appelés des gens et des entreprises du coin de la rue, avec aussi des agriculteurs…. Et que toutes ces « petites » gens pouvaient leur faire gagner beaucoup d’argent. Vous savez le fameux proverbe populaire, « les petits ruisseaux font les grandes rivières ». Je vous l’ai toujours dit. L’économie c’est simple. Très, très simple.

Et alors là accrochez-vous bien parce qu’ils affichent des ambitions super élevées et on va tous voir ce que l’on va voir : « ce plan, qui sera dévoilé cet automne, s’inscrirait dans le cadre du projet de groupe à dix ans présenté en 2010 et dont la principale ambition, à l’époque, était de faire du Crédit agricole le « leader en Europe de la banque universelle de proximité » en 2020 ».

Et voilà, accrochez-vous braves clients des agences d’en bas, vous allez passer à la tondeuse car il va falloir renflouer les caisses de votre banque. Au menu, frais tout neuf, augmentation de tarif tout azimut et sans doute vente massive de téléphones portables… vous avez bien besoin d’une petite ligne supplémentaire madame Michu… et puis vous savez, ça m’aiderait à faire passer votre demande de crédit pour payer l’opération médicale de la dernière chance pour votre enfant malade… Non Madame Michu, ne le prenez pas mal. Posez ce bidon d’essence. Les banques, avec tous les papiers qu’on vous fait signer, sont très inflammables. Allez Madame Michu, on va bien trouver une solution pour sauver votre enfant. Oui il y a aussi les forfaits jeunes pour les téléphones. C’est un peu moins cher et puis vous savez les sms sont illimités. Oui c’est une exclusivité « Crédit l’Agricole ».

Alors avec tout ça sur le Crédit Agricole je me suis dit oulala, les actions vont baisser avec toutes ces pertes énormes. Raté ! Avec 6,5 milliards d’euros de pertes soit tout de même 42,6 milliards d’anciens francs d’avant l’euro (d’ailleurs j’ai décidé de tout remettre en francs comme ça je ne vais plus rien dépenser et beaucoup plus épargner hein chérie ?!) et bien l’action monte de plus de 5 %. Voyez-vous mes chers amis, je ne suis plus capable de voir les bonnes nouvelles. C’est vrai ça le Crédit Agricole n’a pas fait faillite… donc faut acheter des actions. Enfin je suppose.

Pendant ce temps, ma souris d’ordinateur s’est égarée sur un article du Monde parlant des résultats de France Télécom.

Les bénéfices de France Telecom divisés par cinq

Il faut savoir qu’alors que les suicides chez l’opérateur étaient multipliés par cinq, les bénéfices eux étaient divisés par cinq la pression mise sur les collaborateurs expliquant sans doute tout ça. Bref. Baisse du chiffre d’affaires de 2,7 %, baisse des bénéfices. Mais je cite la fin de l’article du Monde car cela vaut son pesant de cacahuètes : « mercredi, à l’ouverture de la Bourse, l’action France Télécom était en légère hausse ». Plus les résultats sont mauvais plus les cours montent.

Pendant ce temps-là, TF1 sauvée des eaux par un oukase de l’ancien monarque français son altesse sérénissime Sarkoléon 1er qui avait décrété que la publicité n’était plus pour le service publique mais uniquement pour la chaine privée TF1 souffre beaucoup du ralentissement du marché de la publicité.

TF1 pâtit de la chute du marché publicitaire

Nonce Paolini le pédégé de la chaine restera à la tête de TF1 jusqu’en avril 2016 car le conseil d’administration a décidé, mardi 19 février, de repousser de 65 à 67 ans l’âge limite du directeur général. Il faut dire que son futur bilan s’annonce glorieux puisque TF1 a dévoilé un résultat net part du groupe de 136 millions d’euros au titre de l’exercice 2012, en baisse de 25,6 % !

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011. Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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