Flat tax et IFI ont creusé les inégalités de richesse en France

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 9 septembre 2020 à 10h31
Richesse Oxfam Concentration 2
1,3 MILLION €L'IFI s'applique dès lors que le patrimoine immobilier dépasse 1,3 million d'euros.

« Macron, président des riches » ? Le slogan des anti-Macron se confirme un peu plus après la publication, le 9 septembre 2020, de l’étude de deux chercheurs de l’Insee et de la Drees. Si les deux réformes ont coûté moins cher à l’État que prévu, en termes de pertes de rentrées d’argent, elles ont effectivement permis aux riches d’être plus riches.

Les 10% captent la très grande majorité des bénéfices des réformes

L’étude menée par Félix Pasquier, chercheur de la Drees, et Michaël Sicsic, de l’Insee, dévoile tout simplement que les 10% des ménages les plus riches ont capté la très large majorité des bénéfices, en termes de revenus et pouvoir d’achat, des deux réformes qu’ont été la transformation de l’Impôt sur la Fortune (ISF) en Impôt sur la fortune immobilière (IFI) et l’instauration de la Flat tax.

Sur le total du gain du niveau de vie qu’ont permis ces deux réformes, les 10% les plus riches de France ont capté 79% de l’ensemble, ne laissant que 21% des gains être répartis entre les 90% des ménages restants. Ce n’est pas étonnant puisque les deux réformes ciblaient les grandes fortunes et les dividendes versés.

Le gouvernement perd moins que prévu

La bonne nouvelle de cette étude est pour les caisses de l’État : les réformes ont coûté moins cher. Le gouvernement s’attendait à perdre 5,4 milliards d’euros de rentrées fiscales annuelles à la suite des réformes, il n’en aura perdus que 2,9 milliards par an.

La perte réduite est liée, entre autres, à l’augmentation des prélèvements liés à la Flat Tax, augmentation elle-même liée à l’augmentation des dividendes versés aux ménages : 60% de plus entre 2017 et 2018 selon les auteurs de l’étude. Mais, là aussi, ça montre l’effet de la Flat Tax : ce sont les ménages les plus aisés qui détiennent le plus de parts dans les entreprises, et qui ont donc capté la majorité de cette hausse des dividendes.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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