Voitures d’occasion : 12% des compteurs seraient trafiqués

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Publié le 10 décembre 2014 à 13h45

Qui n'a jamais pensé à s'acheter une voiture d'occasion, pour monter un peu en gamme ou dépenser moins cher qu'en achetant neuf ? Personne ; d'ailleurs les constructeurs sont en pleurs et les immatriculations neuves en berne. Mais voilà, selon la Commission Européenne 600 000 véhicules par an ferait l'objet d'une fraude : celle au compteur qui permet au vendeur de changer le kilométrage affiché.

Un petit kit pour 150 euros et la fraude est faite

Aujourd'hui quasiment toutes les voitures ont un ordinateur de bord qui tient, entre autres, le compte des kilomètres parcouru et l'affiche par la suite sur le compteur du tableau de bord. Et ce kilométrage a plusieurs fonctions fondamentales : il permet de savoir quand il faut passer le contrôle technique et, surtout, influence le prix de vente en cas de vente de véhicule d'occasion.

C'est logique : une voiture ayant parcouru 150 000 kilomètres ne peut être vendue au prix d'une n'ayant parcouru que 75 000 kilomètres. Alors pour faire grimper le prix, baisser le kilométrage est une technique de plus en plus courante.

Impossible ? Pas du tout : sur Internet, pour quelques 150 euros, il est possible de se procurer un petit outil à brancher sur l'ordinateur de bord et qui permet tout simplement de faire afficher au compteur le kilométrage que l'on veut.

La Commission Européenne a une parade... pour 2018

Le problème prend de l'ampleur. Selon la Commission Européenne entre 5 et 12% des compteurs des véhicules d'occasion seraient trafiqués avant la vente. Et ce malgré les peines encourues (en France jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 37 500 euros d'amende).

Une fraude qui se chiffrerait entre 5,6 et 9,6 milliards d'euros par an... mais qui a de fortes chances de disparaître.

Dans l'Union Européenne, à partir de 2018, un fichier central du kilométrage sera mis en place. A chaque contrôle technique les kilomètres seront relevés, comme c'est déjà le cas chez nos voisins belges. La fraude sera alors rendue totalement impossible.

Mais il va falloir patienter (et se méfier) jusque-là...

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

Laisser un commentaire

* Champs requis