Les TIC, moteur du Gabon de demain

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Par Fabien Leroy Modifié le 13 décembre 2022 à 20h40
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94%Au Gabon le téléphone mobile constitue aujourd?hui le premier moyen d?accès à internet avec 94 %.

Le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC), en plein essor en Afrique en général, et au Gabon en particulier. Ce pays à su anticiper la vague de développement du numérique, ce qui lui a assuré la place dominante dans la région Afrique Centrale. Fort de sa réussite passée, et des nouveaux investissements qu'il a attirés, le pays multiplie les initiatives autour du Plan Stratégique "Gabon Emergent" qui vise à réinvestir la manne des TIC afin de faire du pays un pôle régional d’excellence dans plusieurs domaines, dont les services numériques.

En matière de développement des TIC, le Gabon ne fait pas dans la demi mesure. Et ça n'est pas un hasard si les ministres africains des TIC réunis au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie, du 3 au 4 septembre 2015, ont désigné le Gabon comme deuxième vice-président de cette instance. Ce pays d'Afrique affiche en effet une exemplarité rare sur le continent en matière de développements technologiques : "Le secteur emploie directement ou indirectement plus de 12 000 personnes pour un chiffre d’affaires de 293 milliards de FCFA en 2014. Le taux de pénétration du mobile est de 193 %, soit 2 947 681 abonnés. Celui du téléphone fixe est devenu résiduel à 1,22 %, alors que le taux de pénétration de l’internet est de 86 %, pour un parc de 1150 894 abonnés avec une prédominance de l’internet mobile", selon le ministre gabonais de l’Economie numérique et des Postes, Pastor Ngoua N’neme.

Le Gabon, premier de la classe

L'intérêt du Gabon pour le numérique n'est pas neuf. Il est même, en ce qui concerne le continent africain, l'un des précurseurs dans ce domaine. Le Gabon très tôt a érigé le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) au rang de ses priorités dans le cadre de son plan stratégique "Gabon émergent." Son gouvernement a su reconnaître l'importance des TIC dans le mouvement de la renaissance africaine et du panafricanisme. Cette approche permet à la fois une vision sociale culturelle et politique d’émancipation des Africains et renforce un mouvement qui vise à unifier les Africains du continent et de la diaspora en une communauté africaine globale. Le Président Ali Bongo Ondimba, à l'occasion du sommet "TransformAfrica", tenu à Kigali au Rwanda en 2013, avait souligné l'importance du raccordement du Gabon en 2015 à la dorsale optique haut-débit d’Afrique centrale d’ici 2015.

C'est grâce à cela que le Gabon est aujourd'hui le leader en Afrique centrale et francophone en ce qui concerne les nouvelles technologies de l’information et la communication. L’Union internationale des télécommunications (UIT) en 2014 a publié son classement des pays africains les plus développés, plaçant le pays à la dixième position, avec un IDI de 3,46. Sa place de champion régional n'est pas volée : le Gabon est l’un des rares de ces zones à proposer la 4G - mesure forte, alors que le téléphone mobile constitue aujourd’hui le premier moyen d’accès à internet avec 94 %. Le cabinet présidentiel du pays, sous l’égide de son directeur Maixent Accrombessi, a également investi dans la fibre optique afin de développer l’accès à l’Internet haut débit sur l’ensemble de son territoire. En parallèle, le pays a investi environ 110 millions de dollars dans des infrastructures permettant d’étendre la couverture des réseaux large bande et de diminuer les coûts des services de communication.

L’Afrique, terre promise des TIC

Embryonnaire il y a une décennie, le secteur des TIC en Afrique connaît une croissance incomparable en Afrique. Dans certains pays, et ce encore plus depuis la chute du prix des ressources naturelles fossiles, des études relèvent que l'économie de l'information est en passe de devenir l'un des principaux moteurs de la croissance. En 2009, en Afrique du Sud, le secteur des TIC a généré 24,2 milliards de dollars, soit plus de 7 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. La même année, en Tunisie, ce secteur représentait 10 % du PIB. En Tanzanie, sa part a atteint 20 %. Les revenus annuels sur le continent sont évalués à environ 50 milliards de dollars.

Mais leur poids s'évalue également par la négative : en août 2010, voulant empêcher le gouvernement d'attribuer la gestion des appels téléphoniques internationaux entrants à une société américaine, les employés de la Société nationale de télécommunications décident de couper les liaisons téléphoniques et internet avec le reste du monde pendant 48h. Cela affecte des dizaines d'institutions : banques, agences de voyage, bureaux de douane, centres d'appels téléphoniques, aéroport, port, pour une perte de 50 milliards de francs C.F.A, soit 100 millions de dollars.

2000 villages numériques en construction

L'ambition gabonaise dans ce domaine clé n'a pas manqué d'attirer l'attention d'investisseurs internationaux. En début d'année, cela a permis le lancement d'un vaste projet de construction de plus de 2 000 villages numériques jusqu’en 2025, en partenariat avec le groupe Samsung. La Banque mondiale et le Gabon ont également lancé un ambitieux projet appelé eGabon. Estimé à 56 millions de dollars, "ce projet permettra de renforcer le dispositif de surveillance épidémiologique en utilisant les TIC pour collecter les données nécessaires et diffuser les informations d’alerte et de riposte permanente.

Plus largement, cela va accélérer le développement de la eSanté, défini par l’OMS comme les services du numérique au service du bien-être de la personne, tant au niveau du secteur public que du secteur privé", a indiqué Elisabeth Huybens, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le pays. EGabon fait partie du projet parapluie CAB4 (Central African Backbone) qui devrait permettre au pays d'améliorer la couverture géographique des réseaux haut débit de grande capacité et à diminuer les coûts des services de communications, qui vont main dans la main avec le développement économique. La réussite gabonaise nous rappelle qu'une vision politique forte, une stratégie construite sur une approche long-termiste, cohérente et durable permet à la fois de stimuler le développement des TIC, et d'accompagner la diversification de l'économie.

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Chef de projet numérique. Marketing stratégique auprès de clients du secteur TIC dans les pays en voie de développement.

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