Gemalto s’effondre en bourse : est-ce la fin des cartes à puce ?

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Par Partenaire Modifié le 24 mars 2017 à 17h49

Des chutes en bourse comme celle que connaît depuis le 22 mars 2017 le fabricant des cartes à puce Gemalto passent rarement inaperçues : le titre a perdu 21 % en quelques jours. Est-ce signe que l’ère des cartes à puce est révolue ?

Les banques revoient leurs commandes à la baisse

Les puces que fabrique Gemalto, nous en avons tous sur nous : il s’agit d’une part de cartes bancaires, d’autres part de puces de cartes SIM. Fabriquer ces micro-processeurs, c’est le métier de Gemalto, une grande entreprise de droit néerlandais qui puise ses racines en France. Que s’est-il donc passé de tel pour que le titre s’effondre en bourse ?

C’est Gemalto lui-même qui en a été à l’origine : le fabricant a averti les investisseurs que son activité devrait connaître un repli estimé entre 7 et 9 %. En cause : les banques américaines ont un stock de cartes largement suffisant, de quoi ralentir la croissance de l’activité de Gemalto dans ce pays. De plus, le passage aux cartes à puce se fait à un rythme assez lent outre-Atlantique, les banques ayant obtenu un délai supplémentaire pour s’adapter.

Côté cartes SIM, l’autre activité de Gemalto, en Europe et notamment en France, les cartes SIM prépayées et par définition jetables sont en déclin d’année en année. Leur principale clientèle, les touristes, utilisent de plus en plus leur forfait habituel sur leur carte SIM habituelle, les opérateurs faisant des offres de plus en plus attractives pour les communications en itinérance.

Les cartes prépayées, nouveau levier de croissance

Les cartes prépayées, émises par des organismes financiers extra-bancaires et commandables sur Internet, pourraient bien connaître un déclin : la vérification d’identité et les plafonds se faisant de plus en plus stricts, il devient de moins en moins facile de les utiliser pour des activités illicites. En revanche, la carte bancaire prépayée bénéficie d’une plus grande notoriété qu’il y a encore cinq ans, et trouve des usages tout à fait légitimes. Par exemple, lorsqu’un enfant part en stage linguistique ou qu’un étudiant part en Erasmus, ses parents peuvent lui donner une carte de ce type, avec laquelle il pourra retirer des espèces aux distributeurs. Au fur et à mesure que le compte s’assèche, les parents peuvent l’alimenter, même sans frais dans certains cas. Cette solution intéressera surtout ceux partant dans des pays hors zone euro (Pologne, République Tchèque, Royaume-Uni, Norvège...).

Mais il y aussi une activité d’un type nouveau qui pourrait faire revenir Gemalto dans la cour des grands : il s’agit de l’Internet des objets. En effet, depuis quelques années, on trouve sur le marché de plus en plus de produits électroniques capables d’établir une communication avec un smartphone. Il existe des systèmes qui permettent par exemple d’allumer le chauffage depuis son smartphone, lorsqu’on est encore en route pour rentrer chez soi. Des systèmes de vidéo-surveillance du domicile permettent d’afficher sur le smartphone, à tout moment, une image caméra en temps réel. Des capteurs intelligents pour bébés existent enfin pour alerter les parents d’une hausse anormale de la température corporelle ou d’un essoufflement. Tous ces dispositifs intelligents utilisent une même technologie pour communiquer : la puce électronique. La disponibilité et l’adoption de ces solutions technologiques devraient aller croissant... de quoi présager un bon revenu à des fabricants de puces !

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