Maurice Taylor : les salariés de Goodyear « sont mabouls »

Cropped Favicon 1.png
Par Jean-Baptiste Le Roux Publié le 7 janvier 2014 à 10h42

Le patron de Titan, chargé de reprendre une partie de l'activité du site Goodyear d'Amiens-Nord où deux dirigeants de l'usine sont toujours séquestrés par une partie des salariés, n'a pas mâché ses mots à l'encontre des employés de l'usine.

Interrogé lundi soir par RTL, Maurice Taylor s'est insurgé contre une telle pratique, qui n'est l'oeuvre que de "pirates" et de "mabouls". "Aux Etats-Unis, c'est du kidnapping. S'ils faisaient ça là-bas, ils iraient en prison". Très emporté contre les salariés du site menacé de fermeture, le patron de Titan a poursuivi, dans l'excès, en s'interrogeant : "Pourquoi ne vont-ils pas masqués faire un hold-up dans les banques françaises ? Ainsi, ils pourraient racheter Goodyear."

Maurice Taylor très remonté contre les salariés français

Maurice Taylor n'en est pas à sa première sortie verbale sur les salariés français. Au mois d'octobre dernier, les membres de la CGT en avaient pris pour leur grade en se faisant traiter de "timbrés". Même Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif qui se bat contre vents et marées pour éviter des plans sociaux à la pelle, avait lui aussi reçu un courrier haut en couleur de la part du patron de Titan.

Dans cette missive, Maurice Taylor dépeignait, de son point de vue, la situation salariale française : "les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour les pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures". Des propos jugés par le ministre aussi "extrémistes qu'insultants".

La reprise du site Goodyear d'Amiens-Nord par Titan semble s'éloigner

En novembre dernier, le groupe Titan s'était déclaré prêt à sauver le site Goodyear d'Amiens-Nord, et en imposant la condition sine qua non du licenciement des 1 200 salariés de l'usine. Finalement, Maurice Taylor s'était prononcé en faveur de la reprise de l'activité seule des pneus agricoles, soit un peu plus de 300 emplois au niveau de la masse salariale du site. Cela uniquement si salariés et patrons arrivaient à se mettre d'accord sur les conditions de fermeture de l'usine.

Une issue qui semble aujourd'hui lointaine, à l'heure où deux dirigeants de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord sont toujours séquestrés, depuis lundi après-midi, par une partie du personnel du site, emmenée par la CGT, qui réclame notamment de revenir à la table des négociations, en vue de départs volontaires avantageux pour les salariés, si finalement aucun repreneur n'était validé.

Cropped Favicon 1.png

Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame où il anime des matinales et l'émission Parole d'Evêque. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme et membre de l'Association des Journalistes de Défense. 

Laisser un commentaire

* Champs requis