Les autoroutes gratuites cet été ? « Nein ! », répond le gouvernement

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 20 mai 2020 à 5h59
Autoroute Peage Augmentation 21
10 MILLIARDS €En 2017, les sociétés d'autoroute ont accumulé un chiffre d'affaires record de plus de 10 milliards d'euros.

La passe d’armes entre Carole Delga, présidente de la région Occitanie affiliée Parti Socialiste, et le gouvernement, incarné par Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État aux Transports, se poursuit. La première a demandé la gratuité des autoroutes pour les Français cet été, le deuxième a répondu par un « non » sec.

Les péages gratuits pour relancer la consommation et le tourisme

Les trajets en autoroute pèsent sur le budget vacances des ménages. Il faut compter plusieurs dizaines d’euros aller et la même somme au retour pour se rendre dans les lieux de villégiatures… sans compter les sommes dépensées pour les déplacements une fois sur place, pour le peu qu’on fasse un peu de tourisme et que les vacances ne se cantonnent pas à se rendre toute la journée à la plage.

Or, les péages autoroutiers sont de plus en plus chers. La dernière augmentation date de février 2020, moins de deux mois avant la pandémie mondiale : les tarifs des péages ont grimpé de 0,85% en moyenne, de manière disparate puisque les hausses s’étalent de 0,71% à 1,59% selon les concessionnaires et les trajets.

Afin de récupérer ces sommes et de les aiguiller vers le tourisme, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, avait donc demandé le 15 mai 2020 que le gouvernement s’accorde avec les concessionnaires pour que les péages soient gratuits. « Je demande, dans le cadre de leur concession avec l’État, un effort exceptionnel de solidarité nationale aux sociétés autoroutières françaises pour cet été 2020 », écrivait-elle alors dans un communiqué.

Une position « politique » et « inopérante » pour M. Djebbari

Interrogé sur la question le 19 mai 20200 par BFMTV, le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, ne laisse pas place au doute : la gratuité n’aura pas lieu. Il estime que la présidente de la région Occitanie a une position « un peu politique » et que la proposition est « inopérante ».

« Tout ça est noué et géré par des contrats qui, d’ailleurs, n’ont pas été négociés par nous, mais qui continuent à s’appliquer. » Une manière, pour le gouvernement, de dire qu’il a les mains et les poings liés, mais que ce n’est pas sa faute.

Mais loin de clore le débat, le secrétaire d’État aux Transports n’a fait que le raviver : sur Twitter, Carole Delga a vivement critiqué les propos tenus sur BFMTV estimant que « faire de la politique, c’est s’occuper des gens ! ».

Dans un communiqué publié en réponse à M. Djebbari, elle déclare que « balayer ma proposition du revers de la main avec cet argument n’est pas très sérieux » et juge qu’il faudrait au moins « un tour de table ». « C’est du pouvoir d’achat des Français dont il est question, mais aussi de sauver la saison touristique qui est l’un des piliers de l’économie nationale avec près de deux millions d’emplois directs et indirects. »

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio