La Grèce, bien partie pour quitter l’euro… sans rembourser ses dettes

Par Olivier Sancerre Publié le 26 janvier 2015 à 7h16
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Syriza, le parti de la gauche radicale, est le grand vainqueur des élections législatives grecques. Avec 36% des voix environ, le mouvement mené par Aléxis Tsípras pourrait toutefois manquer de peu la majorité absolue.

La Grèce, en avant toute vers la gauche

Des négociations de coulisses pourraient donc être nécessaires, Syriza devant s'allier avec un autre parti pour prétendre diriger la Grèce. Ce sera sans doute avec le parti souverainiste des Grecs, qui a obtenu environ 4% des voix durant les élections qui ont tenu non seulement le pays, mais aussi toute l'Europe, en haleine ce dimanche 26 janvier.

L'enjeu est de taille. Syriza s'est clairement proclamé comme le parti anti-austérité, avec au programme l'augmentation du revenu minimum de 580 euros à 751 euros, de remonter le seuil d'imposition à 12 000 euros, de rétablir le 13è mois de retraite pour les retraités touchant moins de 700 euros par mois, à mettre en place un système de coupons alimentaires, à assurer un accès gratuit aux soins… Bref, le retour de l'État providence consciencieusement détricoté depuis six ans et le début de la crise qui frappe le pays.

Alléger la dette

Le programme économique du parti a été budget à 12 milliards d'euros. Une somme colossale pour un pays qui vit toujours sous perfusion des institutions financières mondiales, FMI et Europe en tête. Pour retrouver des marges de manœuvres, Aléxis Tsípras veut renégocier avec les créanciers une partie de la dette qui plombe le pays. Il lui faudra faire preuve de beaucoup de persuasion, car la Grèce a bénéficié des conditions les plus favorables par rapport aux autres pays qui ont fait appel à l'Europe.

Quoi qu'il en soit, avec un tel programme, Syriza ne pouvait que l'emporter. Après des années de privation et d'efforts sans qu'ils puissent voir la fin du cauchemar, les Grecs se sont tournés vers celui qui incarne un monde qui chante.

Le lendemain de la fête aura t-il un goût de gueule de bois ?

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.