Loi Travail : le nucléaire en grève, vers une pénurie d’électricité ?

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Publié le 25 mai 2016 à 6h36
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25%Seulement 25 % des Français sont favorables à l'utilisation du 49.3 ans le cadre de la Loi Travail.

Les stations essence sont déjà prises d'assaut, le mouvement de contestation de la Loi Travail a tourné l'affrontement frontal avec le gouvernement et... la situation empire. Après avoir dépassé le stade de la simple contestation dans la rue par les étudiants et les salariés, c'est désormais une grève générale qui se profile. Dernière branche à basculer du côté des "anti loi travail", le secteur de l'énergie électrique : la menace d'une grève dans les centrales est désormais réalité.

Coupures énergétiques en guise de coups de semonce

Manu(el) "militari" Valls risque d'avoir du mal à contenir le mouvement après l'envoi des CRS à Fos-sur-Mer pour libérer le dépôt de carburants. En guise de réponse, les syndicats ont durci leurs actions : toutes les raffineries de pétrole sont en grève et la SNCF annonce une grève illimitée.

Mais le prochain front de lutte s'est ouvert mardi 24 mai 2016 : la CGT-énergie a rejoint ses collègues de la CGT-pétrole et de la CGT-transports (entre autres). Plusieurs coupures d'électricité ont eu lieu à Nantes et Marseille après le vote de la grève à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine.

Ces coupures ne sont qu'un premier coup de semonce contre le gouvernement qui est prévenu : les coupures vont se multiplier jusqu'au retrait du texte. La pénurie de pétrole, l'Etat pouvait la gérer avec ses réserves, mais la pénurie d'électricité ?

Jeudi 26 mai 2016 : des coupures, des coupures et encore des coupures

Le mouvement de contestation contre la Loi Travail a dépassé l'enceinte des centrales nucléaires et le premier vrai jour de grève est annoncé pour jeudi 26 mai 2016, jour de mobilisation générale contre le texte de la ministre du Travail, Myriam El-Khomri. La Fnme-CGT (fédération nationale mines-énergie) prévient que des coupures de courant ou des baisses de tension seront au rendez-vous car l'arrêt total de deux réacteurs de la centrale de Nogent-sur-Seine est annoncé.

Pas de black-out, bien évidemment, mais un avant-goût de la puissance du syndicat qui réclame le retrait du texte de la Loi Travail adopté en force grâce à un 49.3.

De plus, la Fnme-CGT proteste contre les 6 000 suppressions d'emplois prévus par EDF, en crise, alors que l'Etat devrait renflouer les caisses de l'énergéticien public de plusieurs milliards d'euros. En toile de fond il y a encore et toujours l'EPR d'Hinkley Point, au Royaume-Uni, projet titanesque à l'issue économique très incertaine mais qu'EDF veut maintenir à tout prix.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio