10.000 euros pour se « consacrer à 100% à ses études » ?

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 26 janvier 2021 à 14h14
Coronavirus Grandes Ecoles Etudiants
13%13% des étudiants français ont contracté un prêt pour financer leurs études.

Face à la crise des étudiants, précarisés à cause de la Covid-19, Emmanuel Macron a fait des annonces plutôt bien accueillies, comme les deux repas par jour à un euro dans les restaurants universitaires. Mais le parti La République En Marche semble vouloir aller plus loin : Stanislas Guérini propose, dans un entretien accordé au journal Le Monde lundi 25 janvier 2021, un « capital jeune » sous la forme d’un prêt. Mais…

10.000 euros pour les jeunes : un prêt à taux zéro remboursable sur 30 ans

Le principe, qui n’en est qu’au début de son existence et qui est loin de devenir réalité, est simple : accorder à tous les jeunes de 18 à 25 ans la possibilité de contracter un prêt d’un montant de 10.000 euros à taux zéro et « remboursable sur une période très longue, 30 ans », explique Stanislas Guérini. Mieux : le prêt ne serait à rembourser que si le jeune atteint un revenu de « 1.800 euros brut par mois ».

Pour le délégué général d’En Marche, ce prêt permettrait de « payer des frais de scolarité pour faire des études, financer un logement étudiant, créer une entreprise » ou de « se consacrer à 100 % à ses études, sans avoir à travailler en parallèle ».

Objectif : offrir une certaine émancipation aux jeunes sans passer par la case, pourtant fortement réclamée, de l’extension du RSA aux jeunes ou encore de la création d’un revenu universel pour les moins de 25 ans. Stanislas Guérini estime que le coût, pour les finances publiques, pourrait être d’environ 500 millions d’euros par an à terme, soit le coût des prêts qui ne seraient pas remboursés.

Faire des études coûte beaucoup plus cher

Il paraît pourtant assez évident que ce système risque de poser des problèmes, à commencer par le fait que ça ne suffira pas à « se consacrer à 100 % à ses études, sans avoir à travailler en parallèle », comme l’espère Stanislas Guérini. Selon l’UNEF, qui a publié sa dernière étude sur le sujet le 17 août 2020, il faut compter plus de 1.100 euros par mois pour les étudiants, en moyenne, en « frais de la vie courante » (et même plus de 1.300 euros en Île-de-France). 10.000 euros ne permettraient donc que de financer une année d’études, deux en supposant une aide familiale.

La question du travail en parallèle n’est donc pas résolue, tandis que les étudiants commerceraient leur vie active avec un prêt sur le dos…

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

Laisser un commentaire

* Champs requis