Hépatite C : la Sécu obtient 30 % de remise sur le Sovaldi, remède miracle

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Par Jean-Baptiste Giraud Modifié le 20 novembre 2014 à 11h27

C'est une excellente nouvelle pour les quelques 200 000 porteurs sains du virus de l'hépatite C, et les 10 000 à 20 000 patients annuels chez qui l'on détecte une hépatite C active. L'hépatite C fait en effet partie de ces maladies qui peuvent évoluer pendant des années sans bruit, mais tout d'un coup se réveiller et provoquer des ravages : dans le cas présent, des cirrhoses avec destruction du foie, ou encore déclencher un cancer du même organe.

Le Sovaldi, molécule miracle inventée par le laboratoire américain Gilead permet en quelques semaines de traitement d'éradiquer complètement le virus de l'hépatite C, avec un minimum d'effets secondaires, chez la quasi totalité des malades comme des porteurs sains. Problème, le traitement revient à plus de 57 000 euros, au prix actuel du médicament ! Le comité économique des produits de santé (CEPS) est pourtant parvenu à un accord avec le laboratoire pour faire baisser le prix de la boite de médicament : celle-ci va passer de 19 000 à 13660 euros, soit une baisse de 29 % sur le prix « catalogue ». Un traitement complet chute ainsi à 41 000 euros.

C'est a priori l'effet volume qui a permis au bras financier de la Sécurité Sociale de passer un tel accord avec le laboratoire Gilead. Le communiqué du CEPS ne s'en cache pas : « des réductions supplémentaires liées aux volumes de ventes prévisionnels ont été obtenues ».

Bonne affaire ? Probablement : entre le coût induit par le traitement de l'hépatite C silencieuse ou tout juste déclenchée, et celui d'un cancer du foie ou d'une cirrhose, il n'y pas d'hésittation possible, sachant qu'au coût direct d'un traitement s'ajoutent les coûts induits, à commencer par l'arrêt maladie de longue durée, pris en charge lui aussi par la Sécu.

Si le Sovaldi traite chaque année en France 20 000 patients, la facture pour la Sécu s'élèvera tout de même à 820 millions d'euros par an, faisant de ce médicament le premier poste de dépense en pharmacie pour la Sécu.

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Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016.Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time. En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007.Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an.En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier. Il a également été éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018. Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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