Hollande reçoit des patrons d’entreprises étrangères à l’Élysée pour les rassurer

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Par Laure De Charette Modifié le 4 février 2014 à 1h38

« N'ayez pas peur de venir investir vos picaillons en France ! ». C'est en substance ce que François Hollande va s'évertuer à dire aux chefs d'entreprises étrangères implantées en France, qu'il va recevoir aujourd'hui à l'Elysée.

Lever les doutes, renforcer la confiance des investisseurs étrangers

Objeticf : rassurer ces patrons, dont une cinquantaine a signé en décembre dans Les Echos une tribune où ils exprimaient leur inquiétude. « Depuis quelques années, nous avons de plus en plus de mal à convaincre nos maisons mères d'investir et de créer des emplois en France » ; « Nombre d'entre elles se sont installées dans une attitude prudente et attentiste vis-à-vis de notre pays, qu'elles ont mis « sous observation ». Tiens donc.

Doutes, incertitudes, méfiance : les entreprises étrangères hésitent visiblement de plus en plus avant d'oser investir ou s'implanter dans l'Hexagone. En cause : « la complexité et l'instabilité de l'environnement législatif et réglementaire, un manque de flexibilité du droit du travail, des procédures complexes, longues et aléatoires en matière de restructuration, des coûts plus élevés qu'ailleurs et, plus globalement, une méfiance culturelle envers l'économie de marché ».

Vont donc être étudiées à l'Elysée des pistes destinées à rassurer les preneurs de décision étrangers : là aussi, le choc de simplification devrait faire son œuvre pour alléger la paperasse, faciliter l'installation d'expatriés étrangers sur nos terres, encourager l'investissement... Bref, rendre la France plus attractive, plus compétitive aussi, on en revient toujours au même problème !

Les entreprises étrangères emploient 2 millions de salariés en France

Le chef de l'Etat a tout intérêt à choyer ces fleurons étrangers, qui emploient déjà en France près de deux millions de personnes, réalisent un tiers des exportations françaises et contribuent fortement à la recherche entrepreneuriale, comme le souligne l'Agence Française pour les investissements internationaux (AFII).

Il veut même renforcer leur présence. L'objectif qu'il s'est fixé est d'augmenter de 40 % le nombre d'investissements étrangers d'ici à 2017. Or il faut savoir qu'en 2012, le nombre de nouvelles décisions d'investissements créateurs d'emplois en France (693) est resté stable par rapport à au résultat de 2011 (698), tout en étant l'un des trois meilleurs enregistrés depuis dix ans.

Mais nos voisins se sont montrés plus attractifs dans le même temps : résultat, la France attire désormais moins d'investissements étrangers que l'Allemagne ou le Royaume-Uni.

Bonne nouvelle tout de même : l'année 2012 a été la meilleure depuis cinq ans pour le nombre de décisions d'investissement en provenance de pays comme les États-Unis (+ 5% par rapport à 2011 et +12% par rapport à 2010), l'Italie, les Pays Bas ou encore la Russie, sans oublier ceux en provenance des pays émergents, les BRICS.

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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