Allemagne : croissance qui ralentit, impôts collectés qui augmentent

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 20 octobre 2014 à 8h45

« Si on n'a pas d'argent, c'est la faute à la crise. » Cette phrase, et toutes ses variantes, sont l'excuse numéro 1 du gouvernement pour expliquer pourquoi le déficit public de la France ne baissera pas en 2015 ni même plus tard. L'Allemagne, encore une fois, prouve le contraire. Le dernier rapport du ministère des Finances montre en effet que les impôts collectés ont augmenté... même si l'activité allemande ralentit. Magie ?

La croissance en Allemagne ralentit...

L'Europe s'en inquiète et avec elle l'ensemble du monde : la croissance allemande est en train de ralentir. Locomotive de l'Europe, si l'Allemagne ralentit c'est tous les wagons qui vont ralentir alors même qu'ils essayent désespérément d'accélérer.

Déjà au deuxième trimestre 2014 la croissance a reculé de 0,2% en Allemagne et les indicateurs industriels font peur : production industrielle en chute libre à -4%, production automobile qui s'écroule de 25,4%. Voilà qui n'est guère plaisant pour le Bundestag.

Mais si vous croyez que le pays s'inquiète pour ses rentrées d'argent, vous faites fausse route.

... mais l'Etat récupère de plus en plus d'argent

Que se passe-t-il à l'équation « moins d'activité = moins d'impôts collectés » en Allemagne ? on se le demande. Car il semblerait que nos voisins soient immunisés contre ce type de soucis.

Selon le dernier rapport du ministère des Finances allemand, en septembre 2014 les impôts ont rapporté à l'Allemagne 57,3 milliards d'euros. Une somme en hausse de 4,7% par rapport au même mois de 2013.

Et septembre n'est pas un cas particulier. Sur les neuf premiers mois de la somme collectée par les impôts a augmenté de 3% par rapport à la même période de 2013, atteignant 428,9 milliards d'euros.

Ainsi, l'Allemagne n'a pas dû retoquer son budget 2015. Au contraire, elle compte bien avoir un budget à l'équilibre en 2015, c'est-à-dire ne plus emprunter d'argent. Une situation que le pays n'avait pas connue depuis 1969.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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