L’infante d’Espagne inculpée de fraude fiscale et blanchiment d’argent

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Par Jean-Baptiste Le Roux Publié le 7 janvier 2014 à 16h46

Viva Espana ! L'infante Cristina, la fille du roi d'Espagne Juan Carlos, a été inculpée ce mardi de fraude fiscale et de blanchiment d'argent, par le tribunal supérieur de justice des Baléares.

Cette inculpation sonne la fin d'une longue enquête sur Cristina, et son époux, Inaki Urgangarin, un ancien international de handball. A travers les 200 pages d'une ordonnance, le juge José Castro, à l'initiative de l'inculpation, affirme avoir la preuve que des éléments mettent en cause Cristina dans les malversations financières de son mari. Le magistrat souhaite l'auditionner sur "des délits fiscaux présumés et blanchiment de capitaux" visant son époux, soupçonné d'avoir détourné des fonds publics.

L'infante Cristina, complice dans les affaires louches de son mari ?

Car Inaki Urdangarin est lui aussi loin d'être blanc comme neige. Il a d'ailleurs déjà été inculpé de détournements de fonds, via sa fondation, Noos, qui a notamment récolté 6 millions d'euros via des contrats publics pour l'organisation de conférences sur le sport et sur l'économie. Pour l'instant, le couple princier nie en bloc bien que le juge Castro affirme avoir la preuve de la complicité de Cristina.

62 % des Espagnols favorables à l'abdication de Juan Carlos

Si un procès venait à avoir lieu, ce serait un évènement sans précédent depuis le début de la monarchie constitutionnelle espagnole, à la fin des années 1970. L'inculpation de l'infante d'Espagne sonne également comme un coup dur pour la famille royale dont la popularité n'a jamais été aussi basse dans l'opinion publique. En effet, selon un sondage Sigma Dos publié dimanche dernier, 62 % des Espagnols seraient favorables à une abdication de Juan Carlos, au profit de son fil Felipe.

Les scandales de corruption à répétition en Espagne

En mai dernier, la Haute Cour espagnole avait abandonné les charges retenus contre l'infante, justifiant un manque d'éléments probants. Un avis partagé également par le procureur anti-corruption, qui, en décembre, estimait lui aussi que la preuve de la complicité de l'infante ne pouvait être établie. Des recommandations que le juge Castro n'avait pas suivies, comme le lui autorise le système judiciaire espagnol.

Cristina devrait normalement faire appel de la décision du juge, ce qui pourrait en principe lui permettre de préparer un hypothétique procès, dans la mesure où les charges retenues contre elle pourraient être de nouveau abandonnées. Néanmoins, l'infante sortirait une fois de plus égratignée de cette affaire, bénéficiant déjà d'une image d'enfant terrible.

Cette affaire est un scandale de plus en matière de corruption, en Espagne. Des affaires de malversations financières qui passent particulièrement mal au sein de l'opinion publique, à l'heure où l'Espagne est soumis à une drastique cure d'austérité, qui a notamment fait grimper le taux de chômage à 26 % de la population active.

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Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame où il anime des matinales et l'émission Parole d'Evêque. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme et membre de l'Association des Journalistes de Défense. 

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