Israël empêche le développement de la Palestine par ses restrictions en Cisjordanie

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Par JOL Press Publié le 9 octobre 2013 à 9h20

Si la situation économique et sociale en Palestine est évidemment des plus compliquées, les choses pourraient grandement s’améliorer si Israël levait ses restrictions en Cisjordanie. C’est la conclusion d’un rapport de la Banque mondiale, publié ce mardi 8 octobre. Dans la configuration actuelle, le manque à gagner pour la Palestine se situerait à hauteur de 3,4 milliards de dollars par an.

C’est la donnée clef du rapport : le PIB palestinien pourrait augmenter d’un tiers si les restrictions étaient levées dans la partie de la Cisjordanie sous contrôle total d’Israël, représentant environ 60 % du territoire.

Un PIB plombé par les restrictions israéliennes

Les restrictions israéliennes posent le problème de l’accès par les Palestiniens à certaines zones du territoire riches en ressources, comme le souligne le rapport de la Banque mondiale : « Plus de la moitié de la terre de Cisjordanie, dont une bonne partie riche en agriculture et autres ressources, est inaccessible aux Palestiniens. »

Ces restrictions se concentrent sur la zone C du territoire, sous contrôle militaire total d’Israël, et leurs conséquences sont désastreuses pour l’économie palestinienne : « Si les entreprises et les exploitations agricoles étaient autorisées à se développer en zone C, cela ajouterait jusqu'à 35 % au PIB palestinien. » D’après le rapport, cette limitation de l’accès aux ressources et des mouvements des Palestiniens entraînerait un manque à gagner de 3,4 milliards de dollars par an.

Pour rappel, près de 180 000 Palestiniens, soit un peu plus de 6% de la population, vivent en zone C. L’immense majorité des Palestiniens vit en zone A, qui est sous contrôle total des autorités palestiniennes. La zone B est pour sa part marquée par une situation de partage du pouvoir entre Israël et autorités palestiniennes.

Cet impact des restrictions s’explique par plusieurs raisons. L’institution financière a mis en avant six secteurs dont le développement pourrait bénéficier grandement d’une levée des restrictions. Parmi eux, l’agriculture, qui serait fortement stimulée, notamment si les restrictions sur l’accès à l’eau prenaient fin. L’accès à la mer Morte serait également extrêmement bénéfique pour les Palestiniens puisqu'il ouvrirait de nouvelles opportunités pour l’extraction de minéraux et pour le tourisme.

La situation financière s’en trouverait naturellement améliorée

La levée des restrictions améliorerait sensiblement la situation budgétaire de la Palestine. Elle permettrait, bien sûr, de créer de nouveaux emplois, et donc très logiquement d'accroître les recettes. L’institution financière évalue les recettes supplémentaires à 800 millions de dollars. Ce qui, comme le rapport précise, réduirait « significativement le besoin de soutien budgétaire des donateurs. »

Si, au contraire, rien n'évolue dans le sens d’une levée des restrictions, les perspectives d’une amélioration de la situation économique palestinienne resteraient sombres. Le communiqué qui accompagne le rapport confirme que si rien n’est fait, « l’espace économique en Cisjordanie restera surpeuplé et amputé. » L’accès au plein potentiel de la zone C permettrait en revanche de faire changer les choses.

La Banque mondiale précise que la levée « de plusieurs restrictions pourrait transformer l’économie et améliorer sensiblement les perspectives d’une croissance durable. »

Des avancées notables fin septembre

Les négociations semblent aller dans le bon sens puisque le 25 septembre, un ministre israélien avait indiqué qu’une partie des restrictions allaient être levées. Elles concernaient notamment les permis de travail et l’autorisation de l’importation à Gaza de matériaux de construction. Un élargissement des horaires d’ouverture du pont Allenby, qui relie Cisjordanie et Jordanie, a également été évoqué.

Si la démarche va dans le sens d’une amélioration de la situation économique palestinienne, elle est également dans l’intérêt d’Israël, comme l’a indiqué le ministre des Affaires stratégiques Youval Steinitz : « Une économie palestinienne forte est bonne pour Israël, bonne pour notre économie, bonne pour le climat général. »

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