Le grand retour du jour de carence pour les fonctionnaires

Par Laure De Charette Modifié le 27 mars 2014 à 6h27

L'opposition a décidé de ne pas lâcher le morceau sur ce point. Coûte que coûte, l'UMP veut rétablir le jour de carence pour les fonctionnaires malades, que la gauche au pouvoir a supprimé en arrivant au pouvoir. Une proposition de loi portée par des députés UMP va être examinée en avril.

La gauche veut qu'un fonctionnaire malade soit à nouveau payé dès son premier jour d'arrêt

Qu'est-ce donc que ce jour de carence ? Un dispositif selon lequel un agent enrhumé n'est pas rémunéré le premier jour de son absence au travail. Une mesure qui, selon l'UMP, coute cher (160 millions d'euros par an) et encourage l'absentéisme de confort (surtout les lundi et vendredi) des fonctionnaires. Car c'est humain : quand on n'est pas payé, on va au boulot même si on est un peu malade plutôt que de rester chez soi... Mais quand on est payé de toute façon, à quoi bon se trainer au bureau avec une petite fièvre ou une mauvaise toux... ?!

Comme le rappelle la députée UMP qui défend le texte, il y a une inégalité entre travailleurs puisque « les salariés du privé doivent attendre trois jours avant de toucher leurs indemnités journalières de la Sécurité sociale ». Vrai, même si dans les faits, les deux-tiers des salariés ont une couverture complémentaire qui compense ces trois jours sans paie.

Le jour de carence a permis de faire chuter l'absentéisme

La majorité ne votera jamais ce texte. Mais peut-être devra-t-elle affronter un nouveau débat sur la suppression du jour de carence, un cadeau fait aux fonctionnaires qui passe moyennement bien dans l'opinion publique.

D'après certaines études, quand Nicolas Sarkozy avait rétabli le jour de carence pour les arrêts maladie des fonctionnaires, au nom de l'égalité entre les travailleurs, l'absentéisme de courte durée avait miraculeusement chuté : de 41 % dans les hôpitaux (hors les 32 gros CHU) et de 43 % dans les collectivités territoriales en 2012 ! Il s'agissait là d'une baisse inédite, la première en six ans.

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique. Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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