L’Union européenne et l’euro : comprendre avant de réagir (1/2)

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Par Jacques Martineau Publié le 29 mai 2017 à 20h41
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1999Le passage de l'écu à l'euro s'est fait le 1er janvier 1999.

Depuis des mois et d’autant plus après une longue et surprenante campagne présidentielle, l’Europe n’a été à l’ordre du jour que sur la fin. Déjà la confusion est totale. On parle d’Europe, par abus de langage, alors qu’il s’agit de l’Union européenne. Une mise au point était nécessaire…

L’Union européenne (UE) en 2017, quoiqu’on en pense, est toujours en crise. Cette persistance dans une situation délicate est avant tout liée à sa politique monétaire et à l’euro. Elle freine, de façon inhomogène, suivant l’état des pays, leur développement économique et leur croissance. Aujourd’hui l’Union européenne, c’est 28 pays, bientôt 27 avec la sortie de la Grande Bretagne alors qu’elle n’avait pas choisi l’euro ! Parmi eux, 19 font partie de la zone euro. Ils ont une monnaie unique.

L’euro en ligne de mire

La décision de créer l'euro, cette monnaie unique, a été prise lors du traité de Maastricht (1992). Le système monétaire européen (SME), introduit en mars 1979, allait prendre fin en 1993. Cependant l’European Currency Unit (ECU) a été maintenue comme unité monétaire théorique, calculée à partir d’un panier de valeurs stables, incluant la livre sterling. L'écu a été utilisé comme unité de compte pour les institutions européennes et les banques centrales des pays européens comme monnaie commune de placement et d'endettement sur les marchés financiers. Il changera de nom en 1996 pour s’appeler l’euro, toujours dans les mêmes fonctions.

A partir de là, dès 1996, les échanges entre pays se feront sur la base d’un mécanisme de taux de change européen (MCE) complètement révisé et plus contraignant. L’objectif est de préparer l’ensemble des pays à la mise en place d’une future Union économique et monétaire (UEM) et à l’adoption d’une future monnaie unique.

Le passage de l’écu vers l'euro

Le passage de l’écu vers l'euro va se faire le 1er janvier 1999 pour une valeur équivalente, soit 1 écu = 1 euro. Dans un premier temps, les transactions se font en euro, monnaie unique virtuelle, par l’intermédiaire des banques centrales et des institutions européennes. La première différence fondamentale est que l’euro allait devenir une monnaie unique réelle, matérialisée par des billets et des pièces qui circulent depuis le 1er janvier 2002 dans l’ensemble des pays qui auront intégré l'Union économique et monétaire (UEM).

L’UEM a été créée en 1999 par onze pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal. Ces pays ont été rejoints ensuite par la Grèce en 2001, par la Slovénie en 2007, par Chypre et Malte en 2008, par la Slovaquie en 2009, par l'Estonie en 2011 et par la Lettonie en 2014. L'entrée de la Lituanie a été officialisée le 1er janvier 2015. Soit un total de 19 pays.

Avec l’euro, toujours à la recherche de bonnes excuses…

L’accumulation d’obstacles dans un système complexe à 28 ou 27 pays dont 19 ont une monnaie unique ne facilite pas le passage à l’action. Les responsables politiques qui mènent le bal en ont tout à fait conscience. Mais ils se gardent bien de le laisser paraître. Soucieux de préserver leur image, leurs acquis et la pertinence de leur analyse, ils se servent de cela comme d’un atout politique essentiel.

C’est pourquoi, les dirigeants les plus influents de l’Union tiennent à apparaître devant les médias et aux yeux de leur opinion publique, comme maîtrisant totalement la situation économique et financière. Leur meilleur argument consiste à faire miroiter aux 9 pays hors zone euro l’accès à la monnaie unique comme une récompense sous réserve de satisfaction à une multitude de critères essentiellement financiers. L’investissement, le chômage et l’emploi, la relance, le social et l’environnement sont des mots interdits…

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Après un long parcours scientifique, en France et outre-Atlantique, Jacques Martineau occupe de multiples responsabilités opérationnelles au CEA/DAM. Il devient DRH dans un grand groupe informatique pendant 3 ans, avant de prendre ensuite la tête d'un organisme important de rapprochement recherche-entreprise en liaison avec le CNRS, le CEA et des grands groupes du secteur privé. Fondateur du Club Espace 21, il s'est intéressé aux problèmes de l'emploi avec différents entrepreneurs, industriels, syndicalistes et hommes politiques au plus haut niveau sur la libération de l'accès à l'activité pour tous. Il reçoit les insignes de chevalier de l'Ordre National du Mérite et pour l'ensemble de sa carrière, le ministère de la recherche le fera chevalier de la Légion d'Honneur.

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