La fin des sacs plastiques en France : un pas de plus vers un monde plus propre ?

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Par Stephen Tamlin Publié le 1 juillet 2016 à 5h00
Sac Plastique Pollution Environnement
400Un sac plastique met 400 ans à se dégrader.

A compter d’aujourd’hui, la distribution ou la vente en caisse de sacs plastiques à usage unique de moins de 50 μm d’épaisseur est interdite. Six mois après la date initialement prévue du 1er janvier 2016. Un retard dû en grandes parties aux modalités d’application.

En Europe, la France fait figure de bonne élève. Elle est le premier pays à mettre en place une interdiction totale des sacs à usage unique, même biodégradables, suite à la décision du Parlement européen en avril 2015 de réduire considérablement la consommation de sacs plastiques dans les pays membres. Si d’autres pays européens ont depuis longtemps appliqué des mesures de contrôle des sacs plastiques sur leur territoire, aucune interdiction n’a jusqu’à présent été imposée. Ainsi, l’Allemagne les a rendus payants tandis que l’Irlande et le Danemark ont imposé une taxe sur les sacs. Des mesures qui ont permis de réduire la consommation de sacs plastiques jusqu’à 90 % ! De son côté, l’Italie a imposé en 2011 l’interdiction totale des sacs plastiques à usage unique qui ont été remplacés par des sacs biodégradables.

Pourquoi un tel acharnement sur cet objet tellement pratique pour le consommateur ? Tout simplement parce que le sac plastique est une catastrophe environnementale qui sévit depuis plus de cinquante ans et dont on commence à peine à vraiment prendre conscience.

En effet, souvent utilisés pour quelques minutes seulement, les sacs en plastique mettent jusqu’à 400 ans pour se dégrader. Très peu recyclés, par faute de moyens ou à cause des mentalités, ils finissent dans des décharges qu’ils polluent jusqu’à leur décomposition ou dans la nature où ils présentent un réel danger pour la faune et la flore qui s’y développent.

Et c’est dans les océans que l’impact écologique des sacs en plastique est le plus alarmant. En se déposant dans les fonds marins, ils privent les microalgues, source de nourriture de nombreuses espèces marines, des éléments nécessaires à leur développement. La chaîne alimentaire tout entière en est affectée. De plus, les animaux marins ingèrent ces sachets plastiques qui peuvent bloquer leur estomac et inhiber la sensation de faim. Se sentant repus, ils meurent de faim. Et ce, lorsqu’ils ne meurent pas étouffés, comme les dauphins et les tortues de mer qui confondent ces sacs avec leur nourriture, les méduses. Enfin, l’Homme n’est pas à l’abri de subir les répercussions de ce désastre environnemental. En effet, les microparticules de plastique qu’avalent les petits poissons peuvent se retrouver à plusieurs échelons de la chaîne alimentaire et jusqu’à nos assiettes.

L’interdiction mise en place par la France est donc un grand pas dans la lutte pour l’environnement. Elle devrait inclure les sacs de pesée, de boucherie et de poissonnerie dès l’année prochaine. Cependant, il reste encore beaucoup à faire en matière de protection de notre planète, tant à notre niveau de consommateur qu’à celui des industriels pour qui le plastique reste une matière première fiable et très peu chère. Cette mesure est l’occasion pour nous de refaire le point sur les conséquences tragiques de notre surconsommation de plastiques sur les océans.

L'infographie dans son intégralité

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Stephen est coordinateur de rédaction chez Waterlogic. Waterlogic est le premier fabricant de fontaines à eau branchées sur le réseau d’eau courante en Europe, avec une vocation particulière à fournir une technologie de pointe pour distribuer de l’eau purifiée et de qualité.

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