La start-up Nikola, spécialiste du camion électrique, en pleine tourmente

Par Olivier Sancerre Modifié le 22 septembre 2020 à 9h58
Nikola Demission Fraude 2
20%L'action de Nikola a plongé de 20% après la démission du fondateur et président exécutif.

L'avenir du constructeur américain de camions électriques Nikola s'écrit en pointillés. La start-up, accusée de « fraudes complexes », subit également la démission surprise de son fondateur et président exécutif.

Chahutée depuis plusieurs semaines, l'action de Nikola pourrait subir une nouvelle chute suite à la démission surprise et avec effet immédiat de Trevor Milton, fondateur et président exécutif de la toute jeune entreprise. Fondée en 2015, la start-up est très forte en marketing, mais pour ce qui est de sortir de vrais produits, on en reste au niveau des promesses. Nikola s'est lancé sur le segment des camions et des pick-ups motorisés à l'électrique ou avec des piles à hydrogènes. Rien n'est jamais sorti des lignes de production pour le moment. Pire : des soupçons ont émergé sur la réalité des technologies développées par l'entreprise.

Soupçons de fraude

Un rapport de la société d'investissement Hindenburg Research relate ainsi une découverte troublante. Dans une vidéo de présentation d'un camion Nikola, il se trouve que celui-ci se contente de rouler sur une pente, donnant ainsi l'impression qu'il possède son propre système de propulsion… Ce qui n'est donc pas le cas. Le constructeur a répliqué, sans toutefois démentir : il s'agissait de montrer que le véhicule en question était « en mouvement ». Une nuance qui jette une ombre sur la capacité du groupe à respecter ses promesses. Le rapport pointe aussi du doigt des « fraudes complexes » et des mensonges de la part de Trevor Milton.

GM au capital

Malgré ces soupçons, Nikola a attiré de grands noms. Bosch a investi pour faire partie du capital de l'entreprise, tout comme General Motors qui a acquis 11% du groupe. Pour sa défense, Nikola explique que ces investissements ont été réalisés après un examen de plusieurs mois de ses technologies. Stephen Girsky prend la place de Trevor Milton en tant que président exécutif. Cet ancien vice-président de GM aura pour mission d'éteindre l'incendie qui couve pour rassurer les investisseurs, et faire le ménage si jamais les accusations de fraude étaient avérées.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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