Le patron du MEDEF estime qu’on peut créer 2 millions d’emplois en France

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Par Laure De Charette Modifié le 30 août 2016 à 10h59
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32 %Les marges des entreprises sont passées de 28 % en 2013 à 32 % aujourd'hui.

La courbe du chômage peine à s’inverser, mais Pierre Gattaz, le président du Medef, estime qu'il est possible de créer 2 millions d’emplois en France.

Ne pas attendre la croissance "comme la pluie"

C’est du moins ce qu’il affirme dans une interview au journal Les Echos, à la veille de l’ouverture de l’université d’été de son syndicat.

De nombreux hommes et femmes politiques, de tous bords, doivent venir à l’université d’été. Pierre Gattaz les appelle à se recentrer sur « l’essentiel », à savoir « retrouver une croissance forte et le plein-emploi. »

Par croissance forte, il entend « une croissance durablement au-delà des 2 %, idéalement à 3 % », et par plein-emploi, il entend « un taux de chômage ramené à 6 % », contre 10 % actuellement, ce qui implique la création de 2 millions d’emplois. "C'est possible" assure-t-il.

Pour y parvenir, il donne quelques pistes : « en alignant le niveau des charges de nos entreprises sur celui de l’Allemagne, en déverrouillant le marché du travail, en passant à une fiscalité lisible et motivante ». Bref, « cette croissance, il faut aller la chercher, pas l’attendre comme la pluie ».

Anticiper plus pour subir moins

Il se dit rassuré par le fait que les candidats de droite à la présidentielle de 2017 s’accordent sur l’idée de baisser massivement les charges, de restaurer les marges des entreprises, de réduire les dépenses publiques, et de déverrouiller le marché du travail.

Mais il aimerait qu’à l’avenir, on ait « une vision à 10 ans ». « Si au lieu de subir les mutations, on les anticipe, alors la France dispose d’énormément d’atouts ».

Il souligne malgré tout quelques bonnes nouvelles sur le front de l’économie tricolore. Ainsi il rappelle que les marges des entreprises sont repassées de 28 % en moyenne en 2013 à près de 32 % aujourd’hui, contre 39 % en Europe. Or « une entreprise a besoin de marges pour investir, embaucher, exporter et prendre des risques ».

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique. Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.