Loi Egalim 2 : les PME agroalimentaires veulent des prix d’achat plus élevés

Par Anton Kunin Modifié le 18 juin 2021 à 11h50
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0,1%Une hausse de 1% des prix d'achat des produits alimentaires amputerait 0,1% au pouvoir d'achat des ménages les plus modestes.

Alors qu’une nouvelle loi régissant les relations commerciales entre les distributeurs de produits agroalimentaires et leurs fournisseurs (loi EGAlim 2) se prépare, la Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France (FEEF) réclame une hausse des prix d’achat, faisant valoir que les consommateurs n’en seraient que très peu impactés.

Des prix alimentaires en hausse de 1% n’entraîneraient une perte de pouvoir d’achat que de 0,07%

Une hausse des prix de vente pratiqués par les producteurs de denrées agroalimentaires n’impacterait que très marginalement les consommateurs, fait valoir la Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France (FEEF). Selon une étude commandée par ses soins auprès du cabinet Asterès, une hausse de 1% du prix des produits alimentaires transformés en France entraînerait une baisse de pouvoir d’achat des ménages de seulement 0,07%. Dans le cas d’une hausse des prix de 5%, la baisse de pouvoir d’achat serait de 0,37%. Et si les prix alimentaires augmentaient de 10%, la baisse de pouvoir d’achat serait de 0,7%.

Ces chiffres ont été obtenus à partir de données INSEE permettant de connaître la part de la catégorie « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées » dans le total des dépenses de consommation des ménages. Un pourcentage de hausse du prix des produits alimentaires a ensuite été appliqué pour obtenir le montant supplémentaire en euro dépensé par les ménages (en faisant l’hypothèse que leur consommation ne varie pas suite à une hausse du prix).

Même les consommateurs les plus modestes ne seraient que très peu impactés par une hausse des prix alimentaires

Dans l’hypothèse d’une hausse des prix des produits alimentaires, les plus modestes seraient néanmoins pénalisés davantage que les plus aisés. Une hausse de 1% du prix des produits alimentaires amputerait 0,1% de pouvoir d’achat au quintile des ménages les plus modestes mais seulement 0,05% au quintile des ménages les plus aisés. Cela s’explique facilement : les plus modestes consacrent une part plus importante de leur revenu à l’alimentation que les ménages aisés. D’après l’INSEE, l’alimentation représente 16,3% de la consommation du quintile des ménages les plus modestes, contre 11,7% pour le quintile des plus aisés.

Selon la FEEF, l’impact sur les consommateurs serait d'autant plus limité qu'une augmentation de tarif des PME agroalimentaires françaises ne signifie pas une hausse automatique des prix de vente consommateur dans la mesure où les enseignes, en concurrence les unes avec les autres, ne choisiront pas forcément de répercuter l’intégralité de la hausse des prix d’achat sur les consommateurs. La fédération plaide donc pour un relèvement des prix d’achat auprès des PME de l’agroalimentaire.