Malus auto : Bercy appuie légèrement sur le frein

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 19 octobre 2020 à 15h02
Malus Automobile
30000 eurosLe malus maximal en 2021 sera de 30.000 euros.

Dans sa lutte contre la pollution des véhicules particuliers, et en particulier les SUV très à la mode mais plus lourds donc, en moyenne, plus polluants, le gouvernement a décidé d’appliquer un malus écologique en fonction du poids du véhicule : dès 1.800 kg, un malus supplémentaire va s’appliquer, les détails restant à être définis. Mais, en contrepartie, l’abaissement du seuil de déclenchement du malus sur la base des émissions va, lui, être ralenti.

La baisse du seuil du malus étalée sur trois ans

L’objectif du gouvernement est clair : inciter les Français à acheter des voitures moins polluantes. Pour ce faire, son arme est comme toujours la fiscalité et le malus écologique, très craint par les constructeurs puisqu’il joue sur le prix final payé par le consommateur et donc… sur les ventes.

Ce malus se déclenche, en 2020, dès que le véhicule émet plus de 138 grammes de CO2 par kilomètre parcouru. Le gouvernement vise à baisser ce seuil à 123 grammes de CO2, soit 15 grammes de moins. Et il comptait y parvenir en deux ans, soit à l’horizon de 2022.

Finalement, samedi 17 octobre 2020, un amendement au projet de loi de finances 2021 a été déposé pour rallonger ce délai. S’il est adopté, ce qui devrait être le cas, le seuil de 123 grammes de CO2/km n’entrera en vigueur qu’en 2023, après deux baisses successives à 133 grammes de CO2/km et 128 grammes de CO2/km, respectivement en 2021 et 2022.

Plus d’un milliard d’euros pour les caisses de l’État

Concernant les véhicules les plus polluants, le gouvernement n’a toutefois pas décidé de faire preuve de clémence : comme prévu, le malus maximum, de 20.000 euros en 2020, augmentera de 10.000 euros chaque année pour atteindre 50.000 euros en 2023. Et d’une manière générale, l’ensemble des malus écologiques (qui s’appliquent par catégorie) va subir une augmentation chaque année jusqu’en 2023, pour l’instant.

De quoi permettre au gouvernement de récupérer quelques centaines de millions d’euros de plus. Le malus écologique aurait rapporté 520 millions d’euros en 2020… et pourrait en rapporter 1,58 milliard en 2022, à moins que les Français ne changent radicalement leurs habitudes de consommation dans l’automobile.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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